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L'IA Codex d'OpenAI a exploité seule une faille critique de WordPress
Une note de la société française YesWeHack, publiée jeudi, montre que l'agent de codage d'OpenAI, Codex, a exploité seul une faille critique de WordPress jusqu'à l'exécution de code à distance. De quoi relancer le débat sur l'IA appliquée à la cybersécurité et au bug bounty.
Trouver une faille, c'est un métier, et YesWeHack est devenue une référence en la matière. La prouver, la transformer en exploit qui fonctionne à tous les coups, en est un autre, souvent plus ingrat, plus obscur et secret, mais ô combien utile. C'est précisément là que les IA butaient jusqu'ici, en ce qu'elles laissaient l'humain finir le sale boulot. Mais les tests menés par YesWeHack sur Codex, l'agent d'OpenAI propulsé par le modèle GPT-5.6 Sol, racontent une tout autre histoire, celle d'une machine qui, cette fois, va au bout toute seule. Rassurant ? Bluffant ? Inquiétant ? C'est un peu tout à la fois.
Codex n'a pourtant rien d'un outil de piratage à la base. C'est avant tout un agent de codage en ligne de commande, lancé par OpenAI en avril 2025, taillé pour écrire du code, manipuler des fichiers et exécuter des commandes sur simple description en langage courant. Mais son autonomie et sa capacité à raisonner sur un problème en ont fait, presque par effet de bord, un limier redoutable pour la chasse aux vulnérabilités. Sous le capot, la famille GPT-5.6 se décline d'ailleurs en plusieurs profils, puisqu'on a Sol, la version la plus puissante, qui hérite des raisonnements complexes, tandis que Terra et Luna, plus légers, se chargent de l'exploration rapide ou des tâches répétitives, histoire de ne pas gaspiller de la puissance de calcul inutilement.
L'idée derrière son usage en bug bounty est simple : face à la masse de données que génère l'exploration d'une application (requêtes, réponses, scripts, comportements suspects), Codex aide à trier le bon grain de l'ivraie. Il repère les corrélations, propose des tests ciblés et garde en mémoire ce qui a déjà été essayé, pour éviter au chercheur de tourner en rond.
Pour ses tests, YesWeHack a connecté Codex à Burp Suite et à un navigateur piloté via le protocole MCP, une passerelle qui permet à l'agent d'observer et de manipuler le trafic web comme le ferait un pentesteur humain. Du coup, l'IA peut à la fois observer une application de l'extérieur et, quand le code source est disponible, remonter jusqu'à l'origine exacte du problème. Une communauté de chercheurs partage aussi en ligne des méthodologies prêtes à l'emploi, des sortes de fiches réflexes pour l'IA, que chacun peut ensuite affiner avec ses propres réflexes de chasseur de failles.
Le morceau de bravoure de l'étude porte la signature d'un chercheur qui se fait appeler HashKitten. Son objectif était de faire trouver à Codex, en partant uniquement du code source de WordPress, un chemin d'exécution de code à distance accessible sans la moindre authentification, la preuve finale devant se limiter à la lecture d'un fichier témoin déposé sur le serveur. Une contrainte de taille a régi tout l'exercice dès le départ, à savoir l'interdiction formelle de comparer le code à une version corrigée ou d'aller piocher des indices sur internet, pour forcer l'IA à raisonner sur l'implémentation plutôt qu'à reconnaître un correctif déjà documenté. C'est bien pensé !
Alors, livré à lui-même, avec jusqu'à quatre agents travaillant en parallèle pendant plusieurs heures, Codex a d'abord repéré une incohérence dans l'API de traitement par lots de WordPress, transformée en injection SQL exploitable avant toute connexion. Certains de ces agents jouaient volontairement les trouble-fêtes, chargés de challenger chaque piste avant qu'elle ne soit validée par l'agent principal, une manière d'éviter que l'intelligence artificielle ne s'entête sur une fausse bonne idée. Le chercheur a ensuite vérifié le résultat de façon indépendante, avant de relancer l'IA pour voir si cette faille pouvait mener plus loin.
Avec quelques heures supplémentaires, les agents ont réussi à relier