// FRANDROID — HARDWARE & GADGET
300 000 échanges de batterie mais un réseau à l’arrêt : la situation peu enviable de Nio en Europe
Recharger sa voiture électrique est bien souvent perçu comme une vraie contrainte. Et pour cause, il faut bien souvent compter environ une trentaine de minutes immobilisé, ce qui peut constituer une perte de temps pour les conducteurs. Alors, le constructeur chinois Nio a eu une idée : celle de concevoir des stations d’échange de batterie, qui permet de repartir avec un pack plein en moins de trois minutes. D’abord lancé en Chine, ce dispositif a par la suite fait la route jusqu’en Europe.
Le premier « swap » a ainsi eu lieu en janvier 2022. Et voilà désormais que cette technologie vient de franchir un nouveau cap, ce 21 juin 2026. Quatre ans après leur arrivée sur le Vieux Continent, les stations de battery swapping viennent d’atteindre la barre des 300 000 échanges. Une étape très importante, confirmée par la filiale de Nio en Allemagne, via LinkedIn. Au total, pas moins de 17,6 millions de kWh d’énergie propre ont été fournis.
Cela équivaut « à peu près à la consommation annuelle d’électricité d’environ 4 638 foyers européens ». Le constructeur indique également que lors du jour le plus fréquenté, les clients du constructeur ont effectué 481 « swap » en seulement 24 heures. Pour mémoire, et comme le rapporte le site Electric Vehicles, les 100 000 premiers échanges ont été réalisés en novembre 2024, soit près de trois ans après le premier, réalisé en Norvège, un pays où la voiture électrique rencontre un franc succès.
En moyenne, un changement de batterie a été effectué toutes les 2,39 minutes en Europe en 2026, contre 2,84 minutes en 2025. Et selon Nio, environ deux tiers de ses clients préfèrent désormais avoir recours à cette solution, plutôt qu’à la recharge classique avec un câble.
Cependant, les chiffres montrent un certain ralentissement. Electric Vehicles rappelle que, si le cap des 100 000 premiers « swaps » a été franchi en novembre 2023, soit quasiment trois ans après l’installation de la première station et que celui des 200 000 a été franchi 269 jours plus tard, arriver aux 300 000 échanges a mis 307 jours, malgré une plus grande base de véhicules en circulation.
Les stations restent encore assez rares sur le sol européen, puisqu’elles sont au nombre de 60 à l’heure actuelle. Celles-ci sont réparties dans six pays, et plus particulièrement en Allemagne et en Norvège. Et problème, leur déploiement connaît un certain ralentissement.
Au départ, Nio avait installé 30 stations en novembre 2023 et atteint les 50 dès juillet 2024. La 60e n’a finalement ouvert que fin avril 2025. Mais depuis, la progression stagne, avec à peine une implantation par mois. Pire encore, le constructeur chinois a fermé en novembre 2025 sa seule station située au Danemark.
Une grande première pour la firme, qui a également confirmé qu’aucune autre ne serait ouverte en Europe en 2026. Un coup dur pour les clients. La cause est directement liée à la réduction des budgets de Nio Power, la filiale du groupe en charge de l’énergie, touchée par des coupes depuis début 2025.
Cette pause européenne intervient alors qu’un concurrent de poids se prépare à entrer sur le créneau : CATL, numéro un mondial de la batterie, prévoit de déployer ses propres stations d’échange en Europe à partir de mi-2026, en partenariat avec le britannique Octopus Energy, dédiées aux camions électriques.
En parallèle, si Nio a récemment rejoint le club très fermé des constructeurs devenus rentables, ses ventes en Europe ont fortement chuté. Cette dernière n’a vendu que trois voitures en Allemagne en mai 2026. Il n’y a qu’en Norvège désormais où Nio s’en sort bien, avec tout de même seulement 43 véhicules immatriculés en mai, dont 28 modèles de sa sous-marque Firefly.