// CLUBIC — INTELLIGENZA ARTIFICIALE
Quantum Act européen : la Commission veut de la consolidation, mais pas de budget dédié
Le futur Quantum Act européen ne prévoit aucun budget dédié. Lors d'une session organisée au Parlement européen début septembre, plusieurs responsables ont détaillé les intentions de ce texte encore à l'état de projet, entre appel à la consolidation du secteur et incertitudes persistantes.
Thomas Skordas, directeur général adjoint de la DG CNECT à la Commission européenne, a présenté ce texte comme un outil incitatif plutôt qu'un cadre réglementaire comparable à l'AI Act ou au Digital Markets Act. La Commission espère le présenter avant fin 2026, sans exclure un report en 2027.
Selon Thomas Skordas, l'Europe ne peut pas se permettre de compter 78 startups quantiques agissant chacune de son côté, faute d'équivalent européen à Microsoft, Google ou IBM. Il appelle à un début de consolidation, sans pour autant vouloir étouffer la concurrence entre acteurs. La session, organisée à l'invitation du Quantum Flagship européen et de l'eurodéputé allemand Sergey Lagodinsky, réunissait des responsables de la Commission, du Conseil, du Parlement, ainsi que des chercheurs et des fondateurs de start-up.
Selon The Next Web qui rapporte l'information, Tommaso Calarco, secrétaire du comité consultatif de l'UE sur les technologies quantiques, résume les besoins du secteur en trois mots : argent, rapidité, collaboration. Le futur texte peut répondre aux deux derniers, pas au premier. Il reproche aux États membres de ne pas assez mutualiser leurs ressources et estime que cette occasion ne se représentera pas pour l'Europe. Nous rapportions en juin dernier que l'Union avait déjà fixé ses échéances sur la partie cryptographique du quantique, et en France, l'ANSSI cessera de certifier les produits dépourvus de standards post-quantiques dès 2027.
Concernant la chaîne d'approvisionnement, Cecile Perrault, directrice exécutive du Consortium européen de l'industrie quantique, rappelle qu'en Europe, 80 % des composants qui équipent les ordinateurs quantiques sont produits sur le continent. La fondation Novo Nordisk construit déjà à Copenhague une usine de puces quantiques ouverte à plusieurs acteurs, sans attendre le texte européen. Skordas insiste par ailleurs sur la nécessité de relier le quantique aux semi-conducteurs, à la photonique et au cloud.
Pour Eleni Diamanti, cofondatrice de Welinq et directrice de recherche CNRS à l'université de la Sorbonne, les talents suivent les organisations déjà dominantes, pas seulement une rémunération attractive. Sergey Lagodinsky y voit une compétition entre modèles de société, davantage qu'entre modèles économiques, où la technologie et l'innovation jouent selon lui un rôle central. Les investissements publics européens dépasseraient ceux des États-Unis. La France à elle seule a engagé 500 millions d'euros dans le cadre du programme PROQCIMA de France 2030. Reste que le contenu du texte demeure flou. Aucun projet rédigé n'a été publié, et la Commission n'a précisé aucune date ni aucun mécanisme concret pour encourager cette consolidation.