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Actualité : Meta accusé d'avoir piraté 3 000 films X pour entraîner ses IA, un employé pris la main dans le sac
C'est une affaire pour le moins rocambolesque autour d'un studio de films X et Meta. Strike 3 Holdings réclame jusqu'à 446 millions de dollars à l'entreprise de Mark Zuckerberg. Pourquoi ? Le studio l'accuse d'avoir dérobé 2 973 de ses films pornographiques via BitTorrent pour entraîner ses modèles IA.
Le plus cocasse, c'est qu'un cadre anonyme de la division Reality Labs de Meta a été identifié dans une autre affaire de piratage. Mais désormais, Strike 3 Holdings souhaite que deux dossiers soient fusionnés : celui qui concerne le piratage par Meta et l'affaire autour de son employé, et ce pour une bonne raison.
Tous les ans, Strike 3 Holdings dépose des milliers de plaintes contre des internautes qui partagent ses films sur BitTorrent. Et la procédure est bien rodée avec une ordonnance pour contraindre le fournisseur Internet à donner l'identité de l'abonné. Ensuite, un règlement à l'amiable est proposé, puis affaire suivante.
En mars 2026, le studio a déposé l'une de ses plaintes contre un internaute à l'adresse IP 162.192.7.34 auprès d'un tribunal fédéral de Californie. La magistrate Virginia DeMarchi a ensuite autorisé une assignation adressée à AT&T. Le fournisseur Internet a alors dévoilé le nom de son abonné qui n'est autre qu'un cadre de Meta Reality Labs, la division de Meta qui développe les casques Quest.
En revanche, son identité est anonyme dans les documents judiciaires puisque Meta a demandé à la cour de la maintenir sous scellés. Strike 3 Holdings précise que l'employé travaille pour Meta depuis plus de dix ans et que son profil LinkedIn en témoigne.
Si Strike 3 Holdings souhaite rapprocher les deux dossiers, c'est à cause du calendrier. En mars 2025, le directeur juridique du studio a envoyé des preuves de téléchargement BitTorrent depuis des adresses IP de Meta. Puis quelques heures plus tard, Strike 3 Holdings a détecté une activité BitTorrent sur la connexion personnelle de ce cadre. "Cela pourrait indiquer que Meta souhaitait déplacer son piratage vers cette adresse IP personnelle cachée pour éviter toute détection", écrit le studio dans son recours.
On parle de près de 20 000 fichiers téléchargés depuis cette connexion personnelle. La plainte parle de packs multilingues, de séries, de films, de logiciels, de livres, mais aussi de contenus pornographiques générés par IA et de titres VR pour adultes compatibles avec les casques Quest.
À la fin du mois d'août 2026, Strike 3 Holdings a enregistré plus de 150 téléchargements en une journée depuis cette adresse IP. "C'est beaucoup pour une seule personne en une journée, surtout pour quelqu'un qui a un travail qui lui demande du temps", note le studio.
Pour le spécialiste des films X, cette énorme quantité ressemble bien plus à une collecte de données pour entraîner une IA qu'à une utilisation personnelle. Et notons que d'autres employés de Meta ont été pris dans le sac pour la même chose et que l'entreprise s'est défendue en expliquant que ces téléchargements étaient personnels.
La société reprend donc une ligne de défense similaire dans ce nouveau dossier. "Il suppose simplement que l'abonné est responsable de tout ce qui s'est fait sur l'adresse IP, puis saute à la conclusion supplémentaire, tout aussi infondée, qu'il l'a fait pour Meta", répond Meta.