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Actualité : Les Français sortent enfin leurs vieux téléphones des tiroirs
Après de longues années à rabâcher le sujet en boucle, les opérateurs et reconditionneurs semblent avoir enfin réussi leur objectif. En 2024, le volume de téléphones récupérés par ces entreprises a largement augmenté… en même temps que le nombre de téléphones inutilisés.
© Hananeko_Studio // Shutterstock - Revendre son vieux téléphone, un bon réflexe économique et écologique
Le marché du reconditionné a de quoi être à la fête. Alors que la baisse de vente de téléphones neufs se poursuit en 2024, celle des mobiles reconditionnés continue de gonfler (10 % en un an). Mais surtout, la dynamique locale semble enfin fonctionner avec de plus en plus de gens qui ramènent leurs anciens mobiles chez les revendeurs pour qu’ils soient recyclés ou reconditionnés.
Dans l’édition 2026 de son enquête "Pour un numérique soutenable", l’autorité de régulations des télécoms nous apprend ainsi que les opérateurs ont collecté 1,5 million de téléphones pour leur donner une seconde vie, soit une hausse de 21 % en un an. "Un niveau qui n’avait pas été observé les six années précédentes", pointe l’Arcep.
Les téléphones destinés au reconditionnement représentent le gros de ce chiffre avec 1,3 million d’unités qui sont en suffisamment bon état pour repartir sur le circuit de la seconde vie. Là aussi, l’augmentation est palpable avec 24 % de volume en plus sur un an. En face, la part des téléphones destinés au recyclage est relativement minime dans le volume total de téléphones récupérés par les opérateurs, ne représentant environ que 260 000 téléphones sur l’année.
Ces chiffres de reprises sont encourageants, puisqu’on note une augmentation quasi constante du réflexe de revente et de nettoyage des tiroirs depuis 2018. Preuve s’il en faut qu’avec suffisamment de pédagogie, et une bonne dose d’incitation économique, le message finit par passer.
Ce levier local est critique pour le secteur du reconditionnement. Ce dernier s’appuie en effet encore beaucoup sur des flottes d’appareils venus des États-Unis ou d’ailleurs pour donner une seconde vie aux téléphones récupérés. La faute à des blocages persiste, notamment sur la sécurité des données, au moment de revendre un ancien téléphone.
Ce nouvel entrain du reconditionné s’explique en partie par un changement dans les modèles d’achat dans le monde mobile. De plus en plus de mobiles sont achetés avec des options de forward-trade in, c’est-à-dire avec l’assurance que le téléphone sera repris à un certain tarif 24 à 36 mois plus tard pour financer l’achat d’un modèle neuf. Une pratique en contradiction apparente avec les messages écologiques autour du reconditionné, mais qui permet malgré tout de garder des téléphones en circulation.
Les téléphones reconditionnés représentent aujourd’hui environ 20 % des mobiles en circulation. Et si les opérateurs récupèrent beaucoup de téléphones usagés, ils en vendent peu avec seulement 4 % du volume de vente en reconditionnés contre 29 % sur les autres canaux de distribution.
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