// CLUBIC — MONDO
Amazon Leo fait toujours plus confiance à Ariane 6, la belle histoire continue
Amazon Leo et Arianespace ont annoncé mercredi six lancements Ariane 64 supplémentaires, portant leur contrat à 24 missions communes, pour une extension qui s'étend désormais jusqu'en 2031 et qui confirme la montée en puissance d'Ariane 6 en Europe.
L'annonce de l'extension du partenariat entre le Français Arianespace et Amazon Leo était dans les tuyaux, elle a été officialisée il y a quelques heures. C'est en marge du Sommet Spatial International à Paris que les deux entreprises ont officialisé la bonne nouvelle. Après un début d'année réussi, avec pas moins de 100 satellites mis en orbite en cinq mois à peine, Arianespace et Amazon Leo rempilent pour six missions supplémentaires, programmées entre 2029 et 2031 depuis la Guyane française. Elles se feront toutes avec une fusée Ariane 64, autrement dit Ariane 6 dans sa configuration la plus puissante, avec quatre boosters.
Le contrat qui lie Amazon Leo à Arianespace passe donc de 18 à 24 lancements en configuration Ariane 64. L'accord initial avait été signé en 2022 entre les deux entreprises. Les six nouvelles missions viennent s'ajouter aux 18 déjà engagées, avec des tirs qui s'échelonneront à partir de 2029 et jusqu'en 2031, un horizon qui forcément offre une belle visibilité à Arianespace sur son carnet de commandes.
On comprend aisément la confiance accordée par le géant du e-commerce en Arianespace et ArianeGroup. En moins de cinq mois, le lanceur français Ariane 6 a placé 100 satellites Amazon Leo en orbite basse, au fil de trois missions réussies : VA267 en février, VA268 en avril, puis VA269 en juin. Plus d'un quart de la constellation déployée à ce jour par la firme concurrente de Starlink l'a été depuis la Guyane, une proportion importante, pour un partenaire américain qui aurait pu tout miser sur des lanceurs made in USA.
La mission VA269/LE-03 du 17 juin dernier aura notamment marqué les esprits. Si vous suivez cette aventure sur Clubic, vous savez que grâce à ses nouveaux boosters P160C signés ArianeGroup, Ariane 6 a embarqué 36 satellites d'un coup, un record absolu pour le lanceur. Ces propulseurs, plus puissants, offrent jusqu'à deux tonnes de capacité d'emport supplémentaire, donc plusieurs satellites, un vrai gain qui laisse entrevoir des cadences encore plus soutenues pour les prochains tirs de la série.
David Cavaillolès, le président exécutif d'Arianespace, qui reconnaissait en début de semaine lors d'une conférence de presse à laquelle nous avons pu assister la satisfaction mutuelle des deux sociétés, parle d'une étape qui témoigne, selon ses mots, de la confiance accordée à Ariane 6, à ses performances comme à sa fiabilité. Il y voit surtout un signal de consolidation pour le lanceur, porté par des clients qui s'engagent sur la durée, plutôt que mission par mission, ce qui au passage garantit à l'Europe les moyens de déployer ses propres infrastructures spatiales critiques.
Du côté d'Amazon Leo, Chris Weber, le vice-président Business et Produits, insiste lui sur la dimension stratégique du choix européen. Les infrastructures de lancement du Vieux continent font, selon lui, partie intégrante de l'architecture opérationnelle de la constellation. Il rappelle aussi que cet engagement remonte au tout début du projet, la confiance accordée à Arianespace s'étant construite mission après mission, avec le succès des trois tirs de 2026.
La course continue donc de s'intensifier. Amazon Leo doit encore déployer plusieurs milliers de satellites pour tenir ses engagements auprès de la FCC, tout en rattrapant un Starlink qui conserve une confortable avance en nombre d'engins déjà en orbite. Avec ces six missions en plus, Arianespace s'assure une place de choix dans cette féroce bataille commerciale, tout en se donnant les moyens de répondre aussi bien aux missions institutionnelles européennes, qu'au déploiement de futures constellations continentales, qui pourraient elles aussi avoir besoin d'Ariane 6 dans les années à venir.