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En plus de la canicule, El Niño est de retour et les satellites ont détecté ses premiers signes, expliqués par le CNES
Cette année, sans lien pourtant avec la canicule qui nous frappe, El Niño refait surface dans le Pacifique, détecté par les satellites d'océanographie le long des côtes du Pérou et de l'Équateur. Le phénomène pourrait être particulièrement intense en 2026.
Pendant que l'Europe suffoque sous une canicule historique, un autre phénomène climatique se réveille discrètement à l'autre bout du monde. El Niño, redouté perturbateur du climat planétaire, montre ses premiers signes de retour en 2026 dans le Pacifique. Pour le détecter et tenter d'en prévoir l'intensité, les scientifiques comptent sur une flotte de satellites d'océanographie, des outils certes puissants, mais encore imparfaits. Le CNES, le Centre nationale d'études spatiales, s'est livré à quelques explications.
El Niño naît d'une boucle d'emballement entre deux phénomènes étroitement liés. D'un côté, il y a les alizés, des vents tropicaux réguliers, qui s'affaiblissent et poussent de moins en moins les eaux chaudes vers l'Asie. De l'autre, la surface de l'océan Pacifique équatorial se réchauffe dans sa partie orientale, ce qui affaiblit encore davantage ces vents. Les remontées d'eau froide, riches en nutriments et en poissons, s'interrompent en conséquence le long des côtes sud-américaines, mettant à mal les pêcheries locales et les économies qui en dépendent.
Les répercussions dépassent les seuls rivages d'Amérique du Sud. El Niño redistribue les cartes climatiques à l'échelle planétaire. Prenez l'Asie du Sud-Est, où les moussons s'affaiblissent, menaçant les récoltes et faisant grimper les prix alimentaires. En Afrique de l'Est et en Amérique du Nord, les risques d'inondations s'accentuent. Et l'Amazonie subit de sévères sécheresses, tandis que les coraux australiens souffrent du réchauffement des eaux marines.
En 2026, les climatologues surveillent le phénomène de près. D'après le CNES, El Niño fait son retour le long des côtes du Pérou et de l'Équateur et pourrait s'avérer particulièrement intense. Son pic se situe généralement en novembre ou décembre de l'année en cours. Mais le phénomène reste capricieux par nature, et la rigueur scientifique nous pousse à dire que rien n'est encore joué, et qu'il pourrait même encore s'atténuer, avant d'atteindre son maximum.
Pour surveiller El Niño à distance, les satellites altimétriques envoient un signal radar vers la surface de l'eau et mesurent le temps que met ce signal pour revenir. Cette durée permet de calculer la distance entre le satellite et l'océan. Croisée avec la position exacte de l'engin par rapport au géoïde terrestre, cette mesure révèle la hauteur précise du niveau de la mer en n'importe quel point du globe.
Trois missions spatiales ont un rôle déterminant dans cette surveillance. Il y a Jason-3, fruit d'une collaboration NASA/CNES, Sentinel-6 (ESA/NASA), et plus récemment SWOT (NASA/CNES), le plus précis des trois pour la mesure des hauteurs d'eau. Ensemble, ils mesurent le contenu thermique des couches supérieures de l'océan, autrement dit, la quantité de chaleur emmagasinée par la mer, un indicateur clé pour comprendre comment l'océan et l'atmosphère s'influencent mutuellement sous les tropiques. Figurez-vous que c'est cette énergie accumulée dans l'eau qui alimente et amplifie les phénomènes comme El Niño.
Là où les bouées dérivantes et les navires d'océanographie ne peuvent couvrir que des zones limitées, ces satellites offrent quelque chose d'unique, à savoir une cartographie continue et globale de l'ensemble des océans, sans angle mort.
Les données de juin 2026 révèlent en tout cas bien des choses. Le CNES explique que les satellites ont mesuré une anomalie positive du niveau de la mer d'environ +20 centimètres le long des côtes d'Équateur et du Pérou par rapport à la moyenne de référence. Ce n'est pas anodin : le niveau de la mer à l'équateur est particulièrement sensible aux rafales de vents d'ouest, lesquelles génèrent des ondes océaniques à l'échelle planétaire. Ces ondes transmettent les a