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La fréquentation des sites pirates chute de 70 %, mais l’IPTV illégale continue de progresser
La lutte contre le piratage produit des résultats très visibles sur les sites de streaming illégal. Mais elle ne fait pas disparaître les usages : une partie du public se tourne désormais vers des services IPTV plus difficiles à neutraliser.
Comme nous l’expliquions hier, la France se prépare à bloquer les flux IPTV illégaux en temps réel dès janvier 2027. Derrière ce nouveau dispositif se cache toutefois un constat plus intéressant encore : les méthodes actuelles semblent bien faire reculer les sites pirates, mais pas nécessairement le piratage lui-même.
Depuis le début de l’année 2026, 8 325 sites et noms de domaine ont déjà été rendus inaccessibles, portant le total à plus de 20 000 depuis 2022. Selon l’Arcom, le visionnage depuis les sites de streaming illégaux aurait ainsi chuté de 70 % en quatre ans.
Dans le même temps, l’IPTV illégale a continué de progresser. Son taux de pénétration serait passé de 5 à 7 % des foyers français sur la même période. Autrement dit, une partie du piratage semble moins disparaître que se déplacer vers des services plus difficiles à identifier et à neutraliser.
La stratégie déployée ces dernières années repose principalement sur le blocage des noms de domaine et de leurs nombreux miroirs. Lorsqu’une plateforme devient inaccessible chez les principaux fournisseurs d’accès, ses responsables peuvent toujours ouvrir une nouvelle adresse, mais chaque déplacement lui fait perdre une partie de son audience et de sa visibilité.Les chiffres communiqués par l’Arcom montrent que cette méthode finit par peser sur la fréquentation. Elle complique l’accès aux plateformes les mieux identifiées et réduit leur exposition dans les moteurs de recherche. Le piratage traditionnel sur le Web devient ainsi moins immédiatement accessible au grand public.Ce constat confirme la baisse des usages illicites déjà relevée par l’Arcom fin 2025. Mais il ne signifie pas nécessairement que les anciens utilisateurs de ces sites ont tous rejoint les offres légales.
Une partie des usages semble migrer vers des abonnements IPTV vendus par des réseaux de revendeurs, souvent accompagnés d’une application ou d’un boîtier préconfiguré. Pour l’utilisateur, il n’est plus nécessaire de rechercher constamment une nouvelle adresse : le fournisseur se charge de maintenir l’accès aux chaînes et aux contenus.Cette organisation rend également la lutte plus complexe. Bloquer la vitrine commerciale ou le domaine d’un service ne suffit pas toujours à interrompre les flux, qui peuvent être déplacés rapidement vers de nouvelles adresses IP. C’est notamment pour cette raison que l’Arcom expérimente désormais le blocage direct des serveurs utilisés pour diffuser les compétitions sportives.
La reprise de la Ligue des champions doit ainsi entraîner le blocage de 175 sites et de 139 adresses IP. Les délais actuels restent toutefois trop longs face à des infrastructures capables de changer d’adresse pendant une rencontre.C’est précisément cette migration qui explique le passage au blocage en temps réel annoncé pour janvier 2027 : il ne suffit plus de fermer les portes d’entrée, il faut désormais poursuivre les flux au gré de leurs changements d’adresse IP.La chute de la fréquentation des sites pirates constitue bien un résultat pour l’Arcom. La progression simultanée de l’IPTV montre néanmoins que la lutte contre le piratage déplace aussi progressivement sa cible, sans encore parvenir à faire reculer l’ensemble du phénomène.