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"Des effets d'annonces mais pas de financements" : près d'un an après le casse du Louvre, où en est la sécurisation des musées ?
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Après plusieurs vols d'œuvres cet été, le cambriolage du musée Renoir de Cagnes-sur-Mer rappelle à nouveau que la protection des lieux patrimoniaux reste un chantier loin d'être achevé.
Un énième cambriolage retentissant dans le monde de l'art. Au musée Renoir de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes), mardi 8 septembre, les malfaiteurs ont dérobé quatre œuvres, avant d'en abandonner deux dans leur fuite, lors de l'arrivée des policiers. Un vol qui s'est déroulé en moins de cinq minutes. Le commando, "bien équipé et bien renseigné", a découpé au moyen d'une "scie métallique" les accroches des cadres, selon le maire Bryan Masson (RN).
Depuis le casse du Louvre, le 19 octobre 2025, l'actualité ne cesse de raviver les interrogations autour de la sécurisation des musées français. Rien que cet été, plusieurs établissements ont été visés par des cambriolages. Le 6 août, un collier en or appartenant au Trésor de Vix a été dérobé en pleine matinée au musée de Châtillon-sur-Seine (Côte-d'Or), déjà visé par deux précédentes tentatives de cambriolage. Le 5 juillet, des voleurs ont également mis la main sur des pièces de joaillerie au musée Lalique de Wingen-sur-Moder (Bas-Rhin), pour un préjudice estimé à plus de 4,5 millions d'euros.
Les cambriolages de musées ont-ils augmenté depuis l'épisode du Louvre ou le phénomène est-il l'objet d'un "effet loupe" ? Selon le ministère de la Culture, contacté par franceinfo, il s'agit davantage, depuis 2024 environ, d'un changement de butin et de méthodes : "Les métaux précieux [et] les pierres précieuses sont devenus une cible. Les vols violents de type braquage, avec des personnes armées, sont aussi en hausse." En 2025, 25 cambriolages ont été recensés dans les musées, contre une moyenne d'environ 18 par an ces vingt dernières années, rapporte la même source.
Pour Elise Müller, secrétaire nationale du syndicat Sud-Culture, le casse du Louvre a permis "une prise de conscience", avec "des réflexions qui sortent du cadre strict du ministère de la Culture". Le Sénat s'est saisi du sujet lors de débats. A l'Assemblée nationale, les députés Alexis Corbière (groupe Ecologiste et social) et Alexandre Portier (Droite républicaine) ont réalisé un rapport parlementaire, dans lequel ils formulent 40 propositions pour améliorer la sécurité des musées.
Une proposition de loi est aussi en préparation, confirme Alexis Corbière à franceinfo. Selon les députés à l'origine du rapport, les besoins financiers pour sécuriser les musées sont "immenses". Le montant nécessaire à l'horizon des dix prochaines années "est compris dans une fourchette large de 2 à 2,5 milliards d'euros", estiment les auteurs du rapport.
A l'automne, quelques jours après le cambriolage du Louvre, un fonds de sûreté de 30 millions d'euros sur trois ans avait été annoncé par l'ex-ministre de la Culture Rachida Dati. Celui-ci doit permettre aux musées les plus vulnérables de réaliser des travaux de sécurisation. En juillet, le ministère a fait savoir que "482 chantiers prioritaires" avaient déjà pu être accompagnés grâce à ce fonds.
"Quand on voit le nombre de musées [plus de 1 200 nationaux et territoriaux], le budget de ce fonds est largement insuffisant, alerte Alexis Fritche, secrétaire général de la CFDT-Culture. Rien que pour le Louvre, il faudrait des dizaines de millions d'euros." Selon le syndicaliste, la stricte réglementation des bâtiments classés historiques demeure un autre frein. Une installation de vidéosurveillance, avec ses câblages et autres équipements, nécessite par exemple des autorisations pour percer les murs.
Désormais à la tête du ministère de la Culture, Catherine Pégard a dévoilé le 27 juillet un plan de 33 mesures. A court terme, elle souhaite mettre à l'abri les objets les plus vulnérables dans l'attente de leur sécurisation. Un conservateur, recruté cet été, a commencé à recenser ces objets, rapporte le ministère à franceinfo. Une cartograph