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Contre les incendies de forêt, le débroussaillage est-il vraiment efficace ? OnVousRépond Climat
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Lorsque le vent souffle sur un départ de feu, la végétation s’embrase à très grande vitesse. Le débroussaillage peut-il bloquer cette propagation, ou le vent est-il de toute façon le plus fort ?
Une catastrophe environnementale, bien pire que tout ce que nous avions connu ces dernières années : voilà comment l’été 2026 peut être qualifié au regard des feux de forêt, beaucoup plus étendus ces derniers mois que ce dont nous avions l'habitude. Alors que des années 1990 à 2015, la France avait réussi à faire nettement baisser les surfaces brûlées en adoptant la stratégie « Vulcain », un principe de réaction très rapide aux départs d’incendie, il semble que désormais le réchauffement climatique ait repris l’avantage sur les efforts des pompiers.
En effet, le bouleversement du climat change la donne : la végétation est de plus en plus sèche, et les parasites dopés par la chaleur et le dessèchement des arbres ont fait exploser la mortalité de certaines essences, comme les épicéas. Le bois mort est donc de plus en plus abondant en forêt, or il s’agit d’un bois qui brûle bien plus facilement que les arbres verts et en pleine santé…
Outre la sécheresse et la chaleur, un troisième critère augmente dramatiquement le risque de feux : le vent. On parle ainsi de la règle des trois 30 : lorsque la température à l’ombre dépasse 30°, que l’humidité est inférieure à 30 % et qu’en plus, le vent souffle à au moins 30 km/h, les forces de lutte contre l’incendie savent que le risque est maximal.
Mélanie Rochoux, chercheuse sur les risques environnementaux au Cerfacs, le confirme : « le vent est un des facteurs prépondérants des grands feux en France, il favorise de fortes vitesses de propagation, et aussi des sautes de feu, donc le fait que des particules incandescentes puissent être projetées en avant du feu, et peut-être mener à l'éclosion de nouveaux feux ».
Les barrières coupe-feu et le débroussaillage sont importants, pour apporter des discontinuités dans le combustible
Par conséquent, « les barrières coupe-feu et le débroussaillage sont importants, pour apporter des discontinuités dans le combustible », explique la scientifique. Car la condition des grands feux, outre une météo propice, est qu’il y ait beaucoup de végétaux à brûler : si les surfaces boisées sont continues, il n’y a hélas aucune raison qu’un départ de feu s'arrête de lui-même : il finira, si on le laisse faire, par se propager à l’ensemble du massif forestier. D’où la nécessité d’entretenir des zones nues, où il n’y a rien à brûler, et surtout pas ces broussailles qui s’enflamment extrêmement facilement.
Il s’agit donc d’un véritable enjeu d’aménagement du territoire. Comme nous ne pouvons pas maîtriser les conditions de vent, « tout ce qui est aménagement du territoire et urbanisme doit intégrer le risque incendie, pour avoir des territoires qui soient plus résilients au feu même si on a des conditions venteuses », poursuit Mélanie Rochoux.
Savez-vous d’ailleurs que la loi nous impose de débroussailler ? Cette obligation pèse sur le propriétaire, qui doit supprimer les broussailles dans un rayon de cinquante mètres autour de ses bâtiments, et ce même au-delà des limites de sa propriété ! Pour savoir si vous résidez dans une zone où cette obligation est en vigueur, c’est simple : le gouvernement met cette carte à votre disposition.