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Un hacker français a utilisé Claude pour pirater des dizaines d’organisations d’extrême droite
Sans complice, un pirate francophone a ciblé une quarantaine d'organisations liées à l'extrême droite française, s'est introduit chez au moins quatorze d'entre elles, dont un parti politique non identifié, et s'est servi de l'IA Claude pour construire son infrastructure de piratage, selon Anthropic.
Entre février et l'été, ce pirate a construit une infrastructure de ciblage contre des partis politiques européens, des médias, des think tanks et leurs prestataires techniques. Selon le rapport qu'a publié Anthropic, et qu'on vous a décrit par le menu, la plupart des organisations visées se trouvaient en France et penchaient à l'extrême droite, avec notamment un institut de formation politique, plusieurs sites d'information dont le magazine Frontières, et un forum lié à un podcast. D'après notre confrère Le Monde, qui a déniché l'affaire, l'hacktiviste s'est introduit chez quatorze de ces organisations et en a extrait entre 12 et 26 gigaoctets de données, notamment des fichiers de donateurs et une liste d'adhérents d'un parti. Le tout, seul. Enfin, presque, puisqu'il s'est servi de de Claude.
Pour rappel, le doxxing est la diffusion publique de données personnelles, sans le consentement de la personne visée, pour l'exposer ou l'intimider. Le pirate a bâti « fafsearch » pour fusionner des dizaines de millions de lignes de données déjà compromises avec le matériel extrait de ses intrusions, croiser les dépôts de violations individuels et retracer, à partir d'un nom ou d'un pseudonyme, l'ensemble des traces numériques d'un militant. Pour concevoir cette infrastructure, l'individu a sollicité Claude à chaque étape, de l'écriture du code à la mise en forme des données volées, et a mis en place une interception d'identifiants en temps réel pour récupérer des mots de passe au moment de leur saisie.
Plusieurs chercheurs en sécurité observent, depuis cet été, des pirates qui délèguent des tâches entières de leurs attaques à des agents d'IA capables d'agir presque seuls. Selon Anthropic, ce butin était aussi composé d'une boîte mail de 15 000 messages, de dossiers de candidature d'étudiants parfois mineurs, et d'informations de prestataires de paiement. Ces piratages n'ont pas été revendiqués, mais une partie de ce butin circule déjà sur un service spécialisé dans la revente de données personnelles. D'après les éléments techniques réunis par Anthropic, le suspect serait lié à Fafwatch. Ce site répertorie des comptes TikTok d'extrême droite et se rattache à la mouvance anarchiste.
Le pirate a exploité une interface mal sécurisée pour accéder à une plateforme de gestion de campagne électorale, dont il a extrait environ 140 000 fiches. Ces fiches comportaient, entre autres informations personnelles, les opinions politiques de leurs titulaires. « C'est l'un des cas les plus clairs d'une attaque de masse contre la vie privée rendue possible par l'intelligence artificielle et menée par une seule personne », indique Anthropic dans son rapport.
L'entreprise indique avoir suspendu le compte du pirate dès la découverte de ces opérations et avoir depuis durci ses outils de détection de ce type de comportement. Au printemps, le pirate avait injecté un mouchard dans l'espace de commentaires du site de Frontières, magazine d'extrême droite, si bien que cette fonction a depuis été désactivée. Selon Anthropic, ce piratage fait partie des quatorze intrusions recensées dans son rapport. « Nous n'avons identifié aucun élément établissant une compromission de notre base d'abonnés ou de nos données de paiement », a déclaré Erik Tegnér, fondateur de Frontières. Le fondateur du magazine a ajouté avoir chargé, ces dernières semaines, une agence de cybersécurité d'auditer et, le cas échéant, de consolider les dispositifs du site, tout en regrettant que ces attaques soient motivées par la ligne éditoriale de son média.
Comme le rappelle Le Monde, en droit français, les données relatives aux opinions politiques et les données de santé appartiennent toutes deux