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Actualité : Fitbit Air : quand Google fait le pari de la discrétion à tout prix
Propriétaire de Fitbit, Google bouscule le marché des wearables avec le Fitbit Air. Vendu 99 €, ce tracker d’activité se passe d’écran et de notifications pour miser sur la discrétion et un suivi d'activité a posteriori assuré par le biais de sa nouvelle application Google Health. Décryptage en trois points.
© Les Numériques - Fitbit Air : quand Google fait le pari de la discrétion à tout prix
Cinq ans après le rachat de Fitbit par Google, la transition logicielle et matérielle franchit un cap historique. Avec le lancement du Fitbit Air, la firme de Mountain View ne se contente pas de renouveler sa gamme de montres, habituellement réunies sous la bannière Pixel Watch. Elle inaugure une toute nouvelle catégorie de produits au sein de son écosystème, désormais piloté par l'application Google Health.
Vendu au tarif de 99 €, ce tracker d’activité prend le contre-pied total de la tendance actuelle des montres connectées, toujours plus riches en capteurs et aux écrans toujours plus grands. Avec le Fitbit Air, pas d’afficheur ni de notifications intempestives ; le tracker promet en réalité de tout voir, mais de ne rien montrer au poignet.
Un produit pourtant ultra-connecté peut-il pousser le minimalisme jusqu’à s’affranchir de la notion d’immédiateté propre à la catégorie des wearables ? Décryptage en trois points.
Le premier choc avec le Fitbit Air est avant tout physique. Avec seulement 5,2 g sur la balance, le boîtier s'insère dans un bracelet en nylon tressé qui recouvre intégralement le capteur. Ce choix porte ses fruits : une fois au poignet (même s’il est fin !), on constate que Google n’a pas menti en vantant le confort de son appareil, qui se fait réellement oublier.
On apprécie donc sa discrétion, notamment la nuit, même s’il faut lui concéder deux bémols. D’abord, la frustration inhérente à l’absence d’écran (difficile de se passer de l’affichage de l’heure, ce qui invite à ressortir une montre traditionnelle de son coffret), mais aussi l’épaisseur du boîtier. L'Air n’est pas particulièrement fin (8,3 mm tout de même) et le bracelet qui l'enveloppe accentue cette impression. Si on ne sent presque pas le Fitbit Air au poignet, on le voit.
Sur le terrain des mesures, le Fitbit Air souffle le chaud et le froid. S’il ne manque pas d’intérêt pour les sportifs, il est privé de GPS intégré, ce qui le contraint à solliciter celui du smartphone. Le tracker s'en remet à ses algorithmes, son gyroscope et son accéléromètre pour détecter — avec une redoutable efficacité — les activités pratiquées, du rameur à la marche, en passant par la course et le vélo. De plus, le cardiofréquencemètre se montre extrêmement réactif, notamment lors des séances de fractionné, talonnant les mesures de notre ceinture pectorale de référence, la Polar H10.
Néanmoins, l'absence d'écran crée une frustration immédiate pour quiconque cherche à optimiser son effort. Impossible de connaître son allure en temps réel ou de vérifier sa zone de fréquence cardiaque pendant une course sans sortir son smartphone, lequel s’avère d’ailleurs indispensable pour obtenir un tracé cartographique.
De plus, le capteur a tendance à surévaluer la fréquence cardiaque au repos (stagnant autour de 68 bpm contre les 60 bpm habituellement constatés), ainsi que lors des premières minutes d'effort, le temps de se calibrer. En somme, l'appareil est utile pour réaliser des bilans a posteriori et observer des tendances au long cours, mais pas pour servir de tableau de bord pendant l’effort.