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Actualité : Le Blu-ray a 20 ans : grandeur et décadence du meilleur format physique pour les films, les séries et le jeu vidéo
Et dire qu’on le croyait né d’hier… Nous voici pourtant contraints d’admettre que vingt longues années nous séparent des premiers films commercialisés sur disque Blu-ray. Loin d’avoir remporté une victoire hégémonique, la démocratisation de ce format s’est faite dans l’ombre du streaming, qui allait bouleverser à jamais les habitudes des consommateurs.
En vérité, le marqueur temporel de notre titre d’article relève (un peu) de la triche : la technologie de gravure sur disque par laser bleu date de 2000. Le nom Blu-ray a été officialisé deux ans plus tard, tandis que le premier lecteur disponible dans le commerce — l'énorme BDZ-S77 de Sony, avec 14 kg sur la balance et quelque 3800 € à la caisse — a été lancé en 2003 aux États-Unis et au Japon. Mais c’est bien en 2006 qu’est né le standard avec les premiers films en Blu-ray et les luxueux lecteurs qui les accompagnaient.
La différence technologique majeure qui sépare le DVD (et, accessoirement, le format MUSE HiVision, mais c’est une autre histoire) du Blu-ray tient au type de laser utilisé pour la gravure et la lecture. Le laser rouge du premier affiche une longueur d’onde de 780 nm, contre 405 nm pour le laser bleu “fin” sollicité par le Blu-ray et son éphémère concurrent, le HD DVD.
Cela permet d’y inscrire des saignées considérablement plus étroites, donc de stocker beaucoup plus d’informations sur un support de taille identique. Une fois la technologie maîtrisée, les avantages du Blu-ray ont sauté aux yeux des utilisateurs équipés du matériel adéquat : la compatibilité avec la norme de codage vidéo H.264 (alias AVC) et la généreuse capacité de stockage des disques (à partir de 25 Go) garantissaient une restitution fidèle de l’image.
La PS3 s'est imposée comme le lecteur Blu-ray par défaut de beaucoup d’utilisateurs.
Comme à chaque lancement d’un nouveau support physique, le Blu-ray a connu des débuts en demi-teinte. Les premiers pressages, à l'instar du Cinquième Élément, se contentaient d'afficher un mastering de piètre qualité, proche du format vidéo d'origine, sans exploiter la bande passante record autorisée par le disque.
Pire encore : le marché français a souffert d'une commercialisation de masse de Blu-ray défectueux en provenance du presseur QOL. L'utilisation de résines de basse qualité pour lier les deux couches de polycarbonate avait abouti à un fléau qui aurait touché plus de 500 références, selon les amateurs.
Contrairement à une idée reçue, la popularité du Blu-ray n’est pas le produit d’un facteur unique. L’industrie du X, à qui beaucoup de crédit a été accordé pour la popularisation du Blu-ray, avait d'abord jeté son dévolu sur… le HD DVD en 2007. La faute au refus de soutien de Sony, qui bannissait de ses usines de pressage les films n’ayant pas été ratifiés par les organismes de classification officiels.
Les éditeurs de contenus adultes ont finalement adopté le Blu-ray un peu plus tard, sans grand effort. De même, la supériorité technique du Blu-ray en matière d’espace de stockage brut (25 Go contre 15 Go par couche) n'a finalement pas eu beaucoup d'importance à une époque où l’encodage des films n’était pas aussi gourmand qu'aujourd'hui.
Sony a abandonné la production des lecteurs-enregistreurs de Blu-ray.