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TEMOIGNAGE. "C'est toujours à nous de prouver notre innocence" : Clément, victime d'usurpation d'identité, raconte son périple administratif
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En 2024, ce Nordiste découvre que son identité a été volée. Pour franceinfo, il revient sur le long parcours pour prouver sa bonne foi, alors que les obstacles se multiplient. Il en fait encore les frais aujourd'hui.
Plus de 40 000 personnes ont été victimes d'usurpation d'identité en France en 2025, selon le ministère de l'Intérieur. Un phénomène facilité par les piratages de données personnelles qui visent des entreprises ou des organismes. Les victimes ont parfois de grandes difficultés à faire reconnaître leur innocence, entre toutes les démarches administratives et le manque d'accompagnement.
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Clément n'aurait jamais pensé encore être dans une telle situation aujourd'hui. "Je me fais harceler par des cabinets d'huissiers de justice", raconte cet habitant du Nord, âgé de 26 ans. En cause : deux prêts d'environ 30 000 euros chacun auprès de deux établissements de crédit.
À l'époque, il n'a "vraiment aucune information d'où ça pouvait provenir." Des fraudeurs ont utilisé la photocopie de sa carte d'identité qu'il avait transmise à une agence de location de voitures, ainsi que d'autres documents falsifiés, pour constituer des dossiers de prêt à son nom.
Le jeune homme apprend par ailleurs qu'il est inscrit au fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP), à la Banque de France. C'est le début de longues démarches. "J'ai évidemment porté plainte par mes moyens personnels, détaille-t-il. J'ai fait jouer la contestation auprès de la Banque de France et directement auprès des banques. J'ai aussi testé le Défenseur des droits, le médiateur bancaire... Et à chaque fois, c'était rejeté." L'une des banques refuse "sans motif" la proposition du médiateur. Et "il n'y a aucun recours possible", affirme Clément.
"On est toujours vu comme coupable parce qu'il y a un doute sur notre bonne foi."
"C'est toujours à nous de prouver notre innocence", déplore-t-il. Il faudra attendre que l'une des deux banques porte l'affaire en justice, après des cas similaires de fraude, pour que Clément soit auditionné par la brigade financière.
Entre-temps, il s'est déroulé six mois particulièrement difficiles : "Ce sont des mois de sommeil perturbé et d'incompréhension, poursuit-il. On ne comprend pas ce qui nous arrive. On est sous le stress permanent qu'il y ait d'autres fichages qui apparaissent dans son dossier Banque de France. On en a eu un, puis deux, on se dit pourquoi pas trois, ou dix. J'ai aussi été suivi médicalement parce que c'est très pesant moralement."