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Ce petit changement dans le moteur de Google risque de créer beaucoup de confusion
Depuis juillet 2026, Google fait passer une partie de ses liens de résultats par une redirection interne, google.com/goto. L'adresse du site visé disparaît derrière un paramètre codé, propre à Google. Le prestataire Nozzle mesure déjà un déploiement proche de la totalité des résultats consultés par les utilisateurs classiques.
Survoler un lien avant de cliquer, pour vérifier son adresse, est un vieux réflexe de prudence. Mais avec ce changement, il ne sert plus à grand-chose.
Jusqu'ici, un lien de résultat pointait directement vers le site listé. Il suffisait de laisser le curseur dessus pour voir l'adresse dans la barre de statut du navigateur, et repérer au passage un domaine mal orthographié ou inconnu. Désormais, ce lien passe par une adresse du type google.com/goto?url=, suivie d'un paramètre illisible pour un humain. La vraie destination n'apparaît que dans la réponse du serveur, via un en-tête technique nommé "Location", invisible au survol.
Autant dire que cette perte de visibilité n'est pas exactement ce que nous attendions du côté de la sécurité. Les publicités et les résultats sponsorisés restent une porte d'entrée classique pour le phishing et les faux téléchargements. Des comptes Google Ads compromis ont déjà servi à afficher des pages clonées, identiques aux sites officiels, pour piéger des internautes en quête d'un logiciel ou d'un support technique. Une campagne récente a par exemple poussé des utilisateurs Windows vers un faux installeur Node.js chargé d'un logiciel espion. Nous rapportions un cas similaire en mars 2026, avec de fausses pages d'installation de Claude Code diffusées via Google Ads, dont la commande copiée dans un terminal installait en réalité le logiciel espion Amatera Stealer. En retirant l'URL visible au survol de la souris, Google apparait non seulement un peu trop certaine des mesures de sécurité mises en place pourtant déjà bien malmenées, mais nous demande en plus de faire aveuglément confiance à sa page de résultats.
Le changement ne touche pas que les campagnes malveillantes. Les outils de suivi de position, d'audit SEO, de recherche, d'archivage ou d'accessibilité doivent désormais interroger Google séparément pour chaque lien, ce qui alourdit leurs coûts et les expose à des limitations de requêtes. Et c'est probablement la raison principale de ce changement. Si Google a bâti son moteur en collectant le contenu d'autres sites, l'entreprise rend aujourd'hui plus coûteuse cette même collecte quand elle porte sur ses propres résultats.
Plutôt que d'utiliser Google comme une page d'accès globale au web, mieux vaut encore saisir directement l'adresse officielle d'un site et l'ajouter à ses favoris. On ne pourra que conseiller de redoubler de prudence pour les recherches liées à un logiciel, un support technique, ou une banque.
Reste à savoir quand ce changement affectera les internautes de l'Hexagone.