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Actualité : Canicule : EDF débloque 80 millions d'euros pour rafraîchir nos écoles, mais la facture pose question
Jeudi 25 juin, 3 500 écoles ont fermé et 10 000 ont aménagé leurs horaires en pleine canicule. Le lendemain, EDF annonçait 80 millions d'euros pour équiper crèches, écoles, collèges, lycées et centres de loisirs en ventilateurs, brumisateurs, climatiseurs et pompes à chaleur. L'intention est indiscutable mais la méthode, elle, fait grincer jusque dans les rangs de l'entreprise.
© Clement Demazure - Une salle de classe vide à Saint-Martin-d'Hardinghem, en France.
Pendant que des parents collaient des couvertures de survie sur les fenêtres de classes et badigeonnaient les vitres de blanc de Meudon pour faire baisser la température, EDF préparait sa réponse. Le dispositif, déployé via l'association "Je passe à l'électrique", se découpe en deux volets.
Le premier, doté de 40 millions d'euros, finance une prime de 400 € par équipement (ventilateurs, brumisateurs, climatiseurs mobiles et fixes) dans la limite de 10 unités par établissement, jusqu'au 30 septembre 2026. Plus de 10 000 établissements et 100 000 équipements sont visés.
Le second volet, également doté de 40 millions, propose une prime de 10 000 € par établissement pour financer des projets de rafraîchissement durables, notamment l'installation de pompes à chaleur air-air réversibles, jusqu'au 30 juin 2027. Les demandes sont ouvertes sur jepassealelectrique.fr.
L'annonce a été saluée par les parents d'élèves et les élus locaux. Dans les rangs d'EDF, le son de cloche est différent. Amélie Henri, déléguée syndicale centrale CFE-CGC Énergies chez EDF, a publié une analyse sur LinkedIn le jour même. Son argument : ces 80 millions ne garantissent aucun retour commercial pour EDF. L'enveloppe s'ajoute aux 240 millions déjà déployés par le groupe pour ses 80 ans d'existence, portant l'effort total à 320 millions d'euros injectés dans l'espace public en quelques mois.
Quelle entreprise accepterait aujourd'hui de débloquer de tels fonds sans la moindre perspective de retour sur investissement, sans garantie de gains commerciaux directs ? La mission de l'école relève historiquement des collectivités et de l'État. La mission d'EDF est d'investir massivement dans son outil industriel.
Le nœud du problème est là : EDF est détenue à 100 % par l'État. L'État perçoit déjà des taxes et des dividendes massifs de la part d'EDF, destinés précisément à alimenter le budget général et à financer ce type de services publics. Utiliser la trésorerie d'un opérateur industriel pour compenser les arbitrages budgétaires des collectivités brouille les lignes entre mission de service public et performance industrielle. À l'heure où EDF doit financer le grand carénage de son parc nucléaire, la construction de nouveaux EPR et le développement des renouvelables, chaque centaine de millions compte.
Pour les directeurs d'établissement, responsables de crèches et gestionnaires de centres de loisirs, le dispositif est immédiatement actionnable.
Deux primes sont cumulables : la prime équipement (400 €/unité, jusqu'à 10 par site, soit 4 000 € maximum, avant le 30 septembre 2026) et la prime projet (10 000 € forfaitaires pour une installation de PAC réversible, avant le 30 juin 2027). Les dossiers se déposent sur jepassealelectrique.fr. Le programme Edurénov de la Banque des Territoires peut compléter le financement pour les projets de rénovation thermique plus ambitieux.