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À bord du Tesla Semi : les secrets du responsable du programme pour augmenter l’autonomie sans toucher à la batterie
Avec ses 550 km d’autonomie annoncés et sa consommation estimée à 1 kWh/km, le Tesla Semi européen affiche des chiffres plutôt impressionnants pour un véhicule dont le poids total roulant peut atteindre 40 tonnes. Sa batterie ? 548 kWh. Mais atteindre une telle efficience impose de ne pas seulement travailler sur les moteurs ou l’aérodynamique.
Nous avons justement pu en apprendre davantage en montant à bord du camion électrique à l’occasion du salon IAA Transportation de Hanovre 2026. À son volant, Dan Priestley, en charge du projet Semi pour la firme américaine, était là pour répondre à toutes nos questions. Après nous avoir détaillé les différences avec le Semi américain, il nous a révélé quelques-unes des astuces utilisées par Tesla pour traquer les dépenses d’énergie, mais aussi pour donner au conducteur une estimation d’autonomie aussi fiable que possible.
Le prix, lui, reste la grande inconnue pour les transporteurs européens. Sur son site français, Tesla annonce les premières livraisons courant 2027, mais n’a pas encore communiqué de tarif pour le Vieux Continent. Aux États-Unis, où le camion est déjà commercialisé, le constructeur le présente comme le tracteur électrique de classe 8 le moins cher du marché : son positionnement européen face à Renault, Mercedes, Volvo ou MAN dépendra donc largement de ce tarif.
C’est probablement l’une des fonctions les plus étonnantes du Semi, car elle travaille totalement en arrière-plan. Le camion est capable d’estimer lui-même sa masse en temps réel, sans que le conducteur ait à lui indiquer le poids de son chargement.
Une information particulièrement importante sur un poids lourd électrique. Là où la masse d’une voiture varie finalement assez peu entre deux trajets, celle d’un camion peut considérablement évoluer selon ce qu’il transporte. Or, déplacer un Semi vide ou chargé à plusieurs dizaines de tonnes n’a évidemment pas le même impact sur sa consommation.
Tesla utilise donc le comportement du véhicule pour déterminer sa masse. Lorsque nous demandons à Dan Priestley si l’accélération permet notamment au système de comprendre que le camion est lourd, il nous le confirme : « Nous déterminons rapidement : “Oh, vous êtes lourd, donc vous avez moins d’autonomie” », nous explique-t-il.
Mais le calcul ne s’arrête pas là. L’estimation continue d’évoluer pendant le trajet et sert directement à corriger l’autonomie affichée. « Nous estimons la masse en direct, puis nous mettons à jour les estimations d’autonomie en fonction du poids que nous pensons avoir », détaille Dan Priestley.
Autrement dit, le Semi n’affiche pas simplement une autonomie théorique calculée à partir du niveau de sa batterie : il tente de déterminer ce qu’il transporte pour savoir jusqu’où il pourra réellement aller avec.
Cette estimation prend encore davantage de sens lorsqu’elle est associée au système de navigation. Tesla n’a pas simplement transposé tel quel le GPS de ses voitures dans son camion.
Le Semi dispose d’une navigation spécifique aux poids lourds, capable de prendre en compte les limitations de hauteur, de poids ou encore de longueur pour éviter d’envoyer le conducteur sur une route incompatible avec son véhicule. Certaines contraintes liées au transport de marchandises dangereuses peuvent également être intégrées afin de privilégier les itinéraires autorisés.