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Les coulisses de la spiruline « bien-être » : une réalité encore trop floue
Réputée comme un « super-aliment », la spiruline s'est progressivement imposée comme l'un des produits phares des rayons bien-être. Ses qualités nutritionnelles séduisent un nombre croissant de consommateurs : étiquettes soignées, teintes bleu-vert évocatrices de nature… Le secteur paraît transparent, pourtant, ses coulisses, elles, semblent parfois troubles.
La marque greenwhey a choisi de jouer la carte de la transparence pour mieux informer ses consommateurs et donner à la spiruline française bio la place qu’elle mérite.
Contrairement aux idées reçues, la spiruline n’est pas une algue verte, mais une cyanobactérie filamenteuse qui se développe à l’état naturel dans les lacs chauds et alcalins comme dans le lac Tchad, en Afrique, le lac Texcoco au Mexique et d’autres étendues d’eau en Asie. Si elle connaît un engouement singulier depuis une vingtaine d’années en France, elle est consommée depuis des millénaires, d’abord par les Aztèques et par le peuple nigérian Kanembu qui la récolte depuis des siècles.
Selon la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), la spiruline a fait l'objet de nombreuses reconnaissances de la part d'organisations internationales pour son intérêt nutritionnel. Extrêmement riche en protéines (67 % en moyenne), elle contient tous les acides aminés essentiels, possède de l’acide gamma-linolénique, des oligo-éléments, des minéraux – magnésium, phosphore, calcium, sodium, zinc, sélénium, fer… –, une multitude de vitamines comme la provitamine A – 30 fois plus que dans la carotte ! –, toutes les vitamines du groupe B et les vitamine D, E et K.
La légitimation de ce « super-aliment naturel » de la part d’institutions a certainement contribué à ouvrir les portes d'un marché colossal. Et face à la demande qui a explosé, la qualité a malheureusement parfois suivi une trajectoire inverse.
La mention « fabriqué en France » visible sur les paquets de spiruline n'implique pas forcément une culture française. Son reconditionnement ou sa transformation dans un atelier de l’Hexagone peut mériter légalement cette inscription.
Or, les consommateurs ne voient pas toujours l’envers du décor car, selon une étude relayée par la Fédération des Spiruliniers de France et Darwin Nutrition, près de 90 % de la spiruline commercialisée en France serait importée.
Des acteurs comme greenwhey insistent au contraire sur une production entièrement locale – par Solis Culturae –, avec culture, récolte, transformation et conditionnement sur place. Le temps nécessaire est pris pour produire une spiruline bio et française de qualité contrairement à certaines productions industrielles importées d'Asie – Chine et Inde essentiellement –, pouvant recourir à des procédés de séchage rapides à haute température. Or, c’est justement cette étape qui change tout, ou presque…
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Insuffisamment mis en avant, le séchage demeure un procédé essentiel qui va déterminer la qualité de la spiruline. Celle qui vient d’Asie est souvent chauffée à 180 °C par spray-drying (pulvérisation), une technique qui altère la qualité de la spiruline, en particulier de la phycocyanine. Ce pigment bleu, qui octroie sa réputation à la cyanobactérie, perd alors l'essentiel de ses actifs.