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Actualité : Logo Apple : la véritable histoire de la pomme croquée (et les mythes à oublier)
C'est l'un des symboles les plus reconnus de la planète, et pourtant sa silhouette n'a pas bougé depuis 1977. Derrière la pomme croquée se cachent un cofondateur oublié, une morsure très pragmatique, un arc-en-ciel abandonné et une pluie de légendes tenaces. Retour sur près de cinquante ans d'évolution visuelle.
© Shutterstock / Ruslan Lytvyn - Du blason de Newton à la pomme épurée : la longue histoire du logo Apple
Les marques redessinent leur identité tous les cinq ans, mais il existe une forme qui défie le temps. Depuis bientôt un demi-siècle, une pomme mordue sur le flanc droit orne les produits d'Apple sans que son contour n'ait jamais changé d'un millimètre. Seules ses couleurs et ses textures ont suivi les modes. Mais avant d'atteindre cette stabilité de monument, ce logo a connu des débuts nettement plus tourmentés.
Peu de gens le savent, mais le tout premier logo d'Apple n'avait rien d'une pomme stylisée. En 1976, c'est Ronald Wayne, le troisième cofondateur, celui que l'histoire a presque effacé, qui dessine à l'encre une scène complexe : Isaac Newton assis sous un arbre, une pomme suspendue au-dessus de sa tête, le tout ceint d'un vers du poète William Wordsworth. Une gravure d'inspiration victorienne, érudite et raffinée.
Elle avait un défaut rédhibitoire. Réduite sur un boîtier, une étiquette ou une publicité, l'illustration devenait un gribouillis illisible. Dès 1977, Steve Jobs confie donc la refonte à Rob Janoff, directeur artistique de l'agence Regis McKenna, avec une consigne restée célèbre : "Ne la fais pas mignonne". Pour trouver la bonne forme, Janoff achète de vraies pommes et les dessine pendant des jours, sous tous les angles, jusqu'à la silhouette parfaite.
C'est là que naissent les deux signatures du logo, et toutes deux répondent à des raisons purement techniques, loin des symboles qu'on leur prête. La fameuse morsure ? Elle sert à donner l'échelle et à éviter que, une fois réduite, la pomme ne soit confondue avec une cerise ou une tomate. Rien de plus. Quant à la troublante coïncidence avec le mot anglais "byte", l'octet informatique, c'est un directeur créatif qui l'a fait remarquer à Janoff après coup. Un heureux hasard, pas une intention.
Les six bandes de couleurs obéissaient à la même logique commerciale. Elles annonçaient au grand public que l'Apple II savait afficher des graphiques en couleur, prouesse rare à l'époque. La seule consigne fixe était de placer le vert en haut, près de la feuille ; l'ordre des autres teintes ne visait que l'harmonie, sans respecter le spectre. Jobs tenait tant à ce rendu qu'il refusa d'isoler les bandes par des filets noirs, malgré le casse-tête d'impression que cela imposait. Cet arc-en-ciel habillera les produits pendant plus de vingt ans.
Tout bascule avec le retour de Steve Jobs en 1997, alors qu'Apple frôle la faillite. Pour incarner le renouveau, place à la sobriété. En 1998, l'iMac G3 translucide arrive sans aucune bande colorée : sur son plastique bleuté, l'arc-en-ciel aurait fait jouet d'enfant. Le monochrome permettait aussi de mouler ou graver le logo directement dans le châssis, en finir avec les coûteuses pastilles colorées collées à la main. La charte officielle abandonnera définitivement les couleurs en 1999. Depuis, la silhouette n'a pas changé, seules ses finitions ont défilé : l'effet gélatineux Aqua au début des années 2000, la texture chromée à l'ère de l'iPhone, puis le design plat et mat d'aujourd'hui.
Apparu en 2001, le logo Aqua est apparu avec l'interface du même nom qui a fait les beaux jours des premières versions de Mac OS X
Reste à balayer les légendes, car ce logo en a nourri plus qu'aucun autre. Non, la morsure ne rend pas hommage à Alan Turing, mort en croquant une pomme empoisonnée : Janoff ignorait cette histoire, et Jobs lui-même a répondu, quand on l'interrogea, "nous aimerions que ce soit vrai". Non, l'arc-en-ciel n'était pas un clin d'œil à la cause LGBT, dont le drapeau n'est apparu qu'en 1978, un an plus tard. Et