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Actualité : Le plus grand constructeur automobile mondial souhaite “embaucher” 400 000 nouveaux robots pour ses usines à partir de 2028
Le constructeur japonais Toyota a chiffré devant ses actionnaires un vaste programme de modernisation : près de 400 000 automates déployés à partir de 2028 pour pallier le vieillissement de ses chaînes et la pénurie criante de main-d'œuvre. Un chiffre vertigineux qui a immédiatement fait le tour du monde, souvent déformé au passage.
© Illustration générée par IA - Le plus grand constructeur automobile mondial souhaite “embaucher” 400 000 nouveaux robots pour ses usines à partir de 2028
Dans la pénombre d'un atelier Toyota, un ouvrier ajuste un habillage intérieur d'un geste fluide, rodé par 20 ans de métier. À ses côtés, un robot sur roues observe sagement la scène et enregistre. Son objectif n'est pas d'évincer cet humain, mais de capturer son tour de main avant son départ à la retraite, alors que la relève tarde à se manifester.
Le 18 septembre 2026, face à ses investisseurs, le géant nippon a ainsi formulé une projection ambitieuse : intégrer 400 000 robots d'ici 2028 à travers une soixantaine de sites, moyennant une enveloppe colossale de 1000 milliards de yens par an (environ 6,4 milliards de dollars). La répartition du contingent est explicite : 150 000 unités destinées aux usines propres du groupe, et 250 000 acheminées chez ses fournisseurs et équipementiers partenaires.
Encore faut-il interpréter cette annonce avec discernement, un exercice auquel bien des médias ont failli. Il ne s'agit nullement d'aligner 400 000 humanoïdes prêts à supplanter la main-d'œuvre humaine, ni d'un calendrier gravé dans le marbre. Toyota livre ici une simple feuille de route prospective pour rajeunir son outil industriel. Ce parc hybride combinera des bras articulés traditionnels, des navettes logistiques autonomes et des machines dotées d'apprentissage de nouvelle génération. Le montant total inclut ainsi tant le renouvellement de vieux équipements que la mise en service d'automates inédits.
Le robot développé en interne répond au nom d'ELEY et prend le contre-pied radical des tendances actuelles. Là où Tesla, Figure ou Hyundai s'évertuent à concevoir des humanoïdes bipèdes aux déplacements complexes, Toyota fait le choix du pragmatisme en misant sur un châssis à roues.
Avec 50 kg sur la balance et une pince à deux doigts évoluant sur les sols parfaitement lisses des usines, l'engin balaye d'un revers de main les risques de chute et le casse-tête énergétique de la marche. Il en résulte une mécanique infiniment plus accessible et robuste à fiabiliser qu’une paire de jambes.
Mais la véritable prouesse réside dans sa courbe d'apprentissage. ELEY ne s'appuie sur aucun code rédigé ligne par ligne ; il apprend par observation directe grâce à une IA physique. Pour capter la subtilité des mouvements sans déperdition, les artisans enfilent des manchons équipés de capteurs calqués sur la géométrie des pinces. Ils poursuivent leur travail habituel pendant que le système emmagasine trajectoires, flux vidéo et pressions exercées. Ces précieuses données viennent ensuite alimenter de vastes modèles comportementaux élaborés conjointement avec le Toyota Research Institute (TRI).
Les résultats se vérifient déjà sur le terrain : lors d’une démonstration, ELEY est parvenu à plier impeccablement un T-shirt (objet mou et capricieux s'il en est) au terme de 1500 essais étalés sur deux semaines. Toyota ne masque pas pour autant le chemin restant à parcourir : l'automate doit encore gagner en précision, en fiabilité et se nourrir d'un volume de données bien plus massif.
On en dénombre 18 000 au sein du groupe. Les Takumi, ces maîtres-artisans d'élite dont le savoir-faire garantit l'exigence de finition de la marque, se transmettaient jusqu'alors leurs secrets par de longues années de compagnonnage. Un modèle séculaire aujourd'hui mis à mal par le déclin démographique nippon : ces experts partent à la retraite sans être remplacés, dans un pays où plus d'une entreprise sur deux pâtit d'un manque structurel de personnel.