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"C'est une intrusion dans la vie privée" : de plus en plus de femmes victimes des lunettes connectées
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Elles sont abordées dans la rue, filmées à leur insu, puis exposées aux moqueries sur les réseaux sociaux. Des femmes ont porté plainte après la diffusion de vidéos tournées avec des lunettes connectées, équipées d’une minuscule caméra. Sous couvert de séduction, certains hommes cherchent à les humilier.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Une femme ne le sait pas, mais elle est filmée à son insu par un homme. De nombreuses vidéos sont diffusées sur les réseaux sociaux, avec toujours le même procédé : des tentatives de séduction qui virent au harcèlement, ou des questions intimes qui tournent à l'humiliation, filmées à l'aide d'une petite caméra sur des lunettes connectées.
Une jeune fille en a été victime. Elle a été filmée un soir. Elle a porté plainte contre l'auteur de la vidéo. "Je me suis sentie trahie, choquée, étonnée. [J'ai senti] qu'on avait abusé de ma confiance, en fait. Je n'ai pas forcément envie que ma famille tombe sur ce genre de vidéo", confie-t-elle.
Le phénomène, né aux États-Unis, s'exporte de plus en plus en France. Le parquet de Paris a ouvert plusieurs enquêtes après avoir reçu des plaintes, et les associations alertent. "On observe vraiment une démocratisation de ces lunettes connectées, de plus en plus de personnes qui vont les porter. Et en parallèle, c'est aussi des stratégies de contenu qui vont générer beaucoup d'argent", détaille Inès Legendre, juriste pour l'association "e-Enfance".
L'association souhaiterait que ces accessoires soient plus facilement identifiables. Et vous, sauriez-vous repérer ce petit voyant qui clignote quand les lunettes filment ? "Par exemple, une personne au loin qui a des lunettes comme ça, on voit pas que ce sont des lunettes qui peuvent filmer", confie une passante. "Je trouve que c'est une intrusion dans la vie privée", avance de son côté une autre.
La diffusion en ligne d'images filmées sans le consentement des personnes et à leur insu est passible de deux ans de prison et de 45 000 euros d'amende.
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