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Amazon a démarré avec des livres à un centime, vingt ans plus tard son service logistique a livré 80 milliards d'articles
Le service logistique d'Amazon, Expédié par Amazon (FBA), souffle ses 20 bougies. À Seattle, son vice-président monde Sunny Jain a expliqué à Clubic comment l'IA et de nouveaux entrepôts doivent aider les petits vendeurs à conquérir le monde.
Le service logistique « Expédié par Amazon », ou Fulfillment by Amazon (FBA), qui permet aux vendeurs de la marketplace du e-commerçant de lui confier le stockage, l'emballage et l'expédition de leurs produits, vient de fêter ses 20 ans. Et clairement, FBA, qui achemine désormais des dizaines de millions d'articles par jour, n'a plus grand-chose à voir avec le modeste service de ses débuts. Amazon lui assigne d'ailleurs une nouvelle mission, qui est de permettre à une petite marque de vendre à l'étranger, dès son premier jour d'activité sur la plateforme. Rencontré à Seattle cette semaine pendant l'événement Amazon Accelerate, Sunny Jain, le vice-président du programme, nous détaille la méthode, entre conformité centralisée, stocks répartis depuis les pôles de fabrication et agents IA, sans cacher qu'il reste « beaucoup de travail » à ce niveau-là.
Selon Sunny Jain, seuls 30 % des vendeurs présents sur place de marché d'Amazon vendent dans plus de deux pays, alors que ceux qui franchissent le cap affichent des ventes supérieures de 70 %. « Pourquoi ne pas aller chercher ces 70 % quand ils sont littéralement à portée de main ? », nous dit-il, avant de livrer lui-même la réponse : « C'était tout simplement trop difficile. » L'envie, elle, ne fait pas défaut. Conquérir le monde, au sens économique du terme évidemment, figure parmi les plus grands rêves que les commerçants lui confient.
Le frein ? Quelque chose qu'on connaît bien en France, c'est-à-dire la paperasse. « Ce n'est pas que les vendeurs ne veulent pas devenir mondiaux, c'est qu'il y a beaucoup de lourdeurs », résume le dirigeant. Lister ses produits dans plusieurs pays, c'est selon lui « presque comme lancer une entreprise de zéro » dans chacun d'eux. Amazon promet donc une vue centralisée dans Seller Central, d'abord pour les États-Unis, l'Union européenne et le Japon. Elle réunira la demande par pays, le prix une fois converti, la structure de coûts et les étapes restant à franchir. L'ambition, à terme, est qu'une fiche créée une seule fois s'active partout en même temps.
Le vrai mur, c'est peut-être celui de la conformité, « probablement le problème numéro un », surenchérit Sunny Jain. Que ce soit sur la composition des produits, l'étiquetage ou la sécurité, chaque pays impose ses règles, et l'Europe, avec sa mosaïque de marchés, en offre l'illustration parfaite. Amazon va donc regrouper toutes ces exigences au même endroit, mises à jour régulièrement, pour qu'un vendeur les découvre avant même de développer son produit, quitte à en revoir la conception. L'objectif est de tout tester d'un coup et de remettre un rapport unique, toutes cases cochées. Dans le programme pilote, les participants auraient déjà vu leurs coûts fondre de 60 %.
Reste le casse-tête des stocks. Pour viser plusieurs marchés, un vendeur doit aujourd'hui deviner combien d'unités envoyer dans chaque pays, au risque d'en submerger un pendant qu'un autre tombe à sec. D'où GWD (Global Warehousing and Distribution), un service logistique qui permet d'implanter des entrepôts dans les grands pôles de fabrication de produits. Le vendeur y expédie tout son lot, puis Amazon envoie la juste quantité directement vers ses entrepôts FBA de chaque pays, en fonction de la demande locale.
Le dispositif démarre depuis la Chine, avec huit pays desservis d'ici la fin de l'année, et d'autres points de départ suivront. Amazon pousse aussi AWD (Amazon Warehousing and Distribution), son stockage à bas coût né aux États-Unis il y a quelques années et désormais disponible au Royaume-Uni, en Allemagne et en Australie. Un vendeur peut y entreposer un gros lot directement dans le pays visé, prêt à servir. Aux États-Unis, la formule revient 45 % moins cher, d'après Sunny Jain, qui n