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"Je ne m'énerve pas, je dis les choses !" : à son procès, Rachida Dati sort de ses gonds face aux avocats des parties civiles
Les avocats de Renault SAS et des associations anti-corruption ont passé au crible, jeudi matin, le parcours professionnel de Rachida Dati et le travail d'avocate qu'elle dit avoir réalisé à la demande de Carlos Ghosn lorsqu'elle était eurodéputée. Cette activité aurait servi à masquer du lobbying au Parlement européen pour le constructeur automobile français.
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Rachida Dati s'est lancée dans une joute verbale devant le tribunal correctionnel de Paris. L'ancienne ministre et ex-eurodéputée, qui faisait le dos rond depuis l'ouverture de son procès pour corruption et trafic d'influence, est finalement sortie de ses gonds face aux questions acérées des parties civiles, dans la matinée du jeudi 24 septembre. La veille, déjà, la tension était montée d'un cran lors d'un interrogatoire incisif des juges assesseurs et du Parquet national financier.
Jeudi matin, donc, Philippe Goossens, l'un des deux avocats de Renault SAS, attaque le premier. Il asticote d'abord Rachida Dati sur l'absence de traces écrites de son travail d'avocate pour Carlos Ghosn, l'ancien patron tout-puissant de Renault, jugé en son absence. Montée sur ressorts, elle bondit lorsque Philippe Goossens ironise sur son "côté avocat", qui serait ressorti lors de l'audience. "Non, ce n'est pas mon côté avocat !", s'écrie l'ex-eurodéputée. La présidente du tribunal tente d'apaiser les débats : "Maître, poursuivez."
Philippe Goossens aborde les missions de Rachida Dati à l'étranger, menées dans le cadre de sa convention avec Renault-Nissan VB. L'ancienne ministre est intervenue en Turquie alors que la France était menacée de boycott, en plein débat sur la proposition de loi pénalisant la négation du génocide arménien. Carlos Ghosn "craignait" que sa production automobile soit "sanctionnée", expose la prévenue. "Comment on explique à quelqu'un que Renault n'est pas la France ?", tique l'avocat. "On présente l'alliance avec Nissan, on explique que Renault n'est pas soumis aux instructions du gouvernement français…", répond Rachida Dati sans cacher son agacement face à cette question.
La tension monte, puis elle s'emporte. "Je sais ce que vous voyez : on discute, on boit du thé, on est entre Arabes… Je sais ce que vous pensez !", lâche-t-elle, suscitant des indignations dans la salle. "Madame Dati…", s'oppose l'avocat. " Non, je ne m'énerve pas, je dis les choses ! Hier encore, on a dit : 'Est-ce qu'elle est vraiment avocate ?', 'Qu'est-ce qu'elle a fait comme travail ?'"
"Oui je sais lire et écrire, je suis avocate et je suis Française !"
La présidente du tribunal l'invite au calme : "Pas question d'être sur un débat qui soit essentialisant, nous sommes saisis d'une ordonnance de renvoi devant le tribunal."
Au tour du second avocat de Renault d'entrer en scène. Kami Haeri, lui, se concentre sur l'Iran : "A combien chiffrez-vous l'enjeu de votre intervention ?" "Ecoutez on va pas faire l'Euromillions !", s'impatiente Rachida Dati. "N'essayez pas de réinterpréter à chaque fois ce qu'on dit ! Je ne serais pas allée en Iran s'il n'y avait pas un enjeu important pour l'alliance" Renault-Nissan. "Monsieur Haeri, je ne suis pas la fée Clochette !", lâche peu après la prévenue, chauffée à blanc. "Vous dites avoir eu au téléphone des Gardiens de la révolution. Est-ce que vous pouvez nous dire comment ?", poursuit l'avocat. Rachida Dati assure être passée par l'ambassadeur d'Iran à Paris. "Alors il n'atteste pas de ces contacts, je tiens à le dire", rétorque Kami Haeri.
Au milieu de ce jeu de ping-pong, Rachida Dati tacle : "Vous aimez vous écouter parler." "Est-ce que vous estimez que votre mission [en Iran] était un succès, madame Dati ?", reprend Kami Haeri. "J'estime que c'était un travail collectif, je n'ai pas sauvé l'alliance Renault-Nissan ! Et en Iran, ils n'ont pas été ennuyés, ne sont pas partis et sont devenus, après, leaders", souligne Rachida Dati. Les esprits s'échauffent à nouveau, le ton