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"Il nous manque aussi beaucoup de camions" : après les incendies de l'été, les pompiers réclament davantage de moyens, pas seulement aériens
Après un été marqué par des incendies records, les pompiers entament quatre jours de mobilisation pour réclamer davantage de moyens et des recrutements massifs. Ils alertent notamment sur le manque de matériel et la fatigue des équipes.
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C'est le début de quatre jours de mobilisation pour les pompiers. À l'appel de leur intersyndicale, des rassemblements statiques sont prévus à partir de samedi 26 septembre et jusqu'à lundi, place de la République à Paris, avant une manifestation d'ampleur mardi 29 septembre pour défendre la fonction publique. Après un été marqué par des incendies records, les pompiers réclament notamment des recrutements massifs et davantage de matériel.
Dans le Var, où les soldats du feu ont lutté pendant un mois contre les flammes dans le massif du Gros Bessillon, le syndicat autonome des pompiers a entamé une tournée des centres-villes pour sensibiliser le public. Un camion de pompiers est garé sur une place du centre-ville de Hyères. On peut y lire "En grève". Juste à côté, sous une tonnelle, les soldats du feu en uniforme répondent aux questions des passants. "On a vu aux infos qu'il manquait quand même pas mal de Canadair et de matériel", témoigne l'un d'eux.
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"C'est un manque de moyens aériens : quand on voit le nombre d'avions qui nous manquent, les hélicoptères... Et aussi des moyens terrestres : il nous manque beaucoup aussi de camions", estime Hervé, pompier dans le Var depuis 25 ans. "L'un des meilleurs exemples, poursuit-il, c'est le feu qu'il y a eu cet été au Gros Bessillon. Tant mieux, il y a eu quand même pas mal de camions qui sont allés dessus, mais si ça brûlait ailleurs, il n'y avait plus de camions en caserne. Toute l'agglomération toulonnaise, s'il y avait un gros feu, il n'y avait plus aucun camion de feux de forêt."
"C'est scandaleux", s'emporte Sylvaine, hôtesse de l'air. Elle sera dans le cortège mardi à Paris aux côtés des pompiers, elle veut les soutenir. "Bon courage parce que vous êtes sur tous les feux. Vous ne vous arrêtez pas de travailler. Ce n'est pas normal." "On n'est jamais écoutés et, passé l'été, tout le monde oublie", grondent les pompiers.
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"C'est la rentrée scolaire. Il y a une amnésie générale pour les sapeurs-pompiers sur les besoins réels", dénonce Guillaume Civray, président du syndicat autonome des sapeurs-pompiers du Var. Il raconte la fatigue intense de ses collègues après un été particulièrement dense et s'inquiète des années à venir, avec le réchauffement climatique. "Les feux vont se multiplier et on le voit sur le territoire national que maintenant ce n'est plus seulement la bande sud-est et la côte ouest qui sont touchées. Il y a plus de 21 000 départs de feux cet été sur la France, on a eu le feu de Fontainebleau... C'est historique", affirme-t-il.
Même en Belgique, il y a eu des feux, acquiesce Stéphane, un touriste bruxellois en vacances dans le Var. "Dans les Ardennes, il y a eu un feu, alors que chez nous, il n'y a jamais de feu. Et cette année, il y a eu des feux de forêt. Ils ont dû être aidés par les pompiers français. Donc ça devient le même problème chez nous." Et face à la multiplication des catastrophes, il sera de plus en plus difficile de compter sur des renforts d'autres régions ou d'autres pays, résume Guillaume Civray. Il le martèle : il faut recruter 20 000 pompiers en France.