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Un clone du rover Perseverance alimenté au nucléaire bientôt sur la Lune ? Le projet fou de la NASA
Pour explorer la Lune sans jamais craindre la nuit, la NASA a une idée : y envoyer un rover à propulsion nucléaire. Décidément, l’agence spatiale est bien décidée à conquérir le pôle Sud lunaire.
Depuis plusieurs mois, la NASA accélère la cadence autour de son programme Artemis, notamment en annonçant Moon Base, qui vise à coloniser notre satellite grâce à des appareils robotisés avant même que les astronautes n’y implantent une base. Dans cette optique, l’agence spatiale a annoncé, ce 30 juin, trois nouveaux contrats qui doivent renforcer sa flotte de missions robotiques.
Astrobotic, Firefly Aerospace et Intuitive Machines sont les grands gagnants de cette nouvelle salve de contrats. À elles trois, ces entreprises se partagent près de 600 millions de dollars pour livrer quatre missions sur la Lune d’ici à la fin 2028.
Chaque mission embarquera les trois mêmes instruments scientifiques. Cela inclut des caméras stéréo pour observer comment la poussière lunaire réagit au souffle des moteurs à l’atterrissage, un réflecteur laser pour aider les futurs engins à se repérer sur la Lune, puis un spectromètre afin de mesurer les radiations à la surface. L’idée : cartographier les dangers avant que des humains ne posent le pied sur place.
Ces contrats s’inscrivent dans le programme Commercial Lunar Payload Services (CLPS) de la NASA, qui consiste à confier le transport de matériel scientifique à des entreprises privées. L’avantage est double, car il est question d’aller plus vite et de s’appuyer sur des modèles d’atterrisseurs déjà testés en vol.
Mais l’annonce qui a surtout attiré l’attention s’appelle PROMISE, pour Polar Rover for Observation, Mapping, and In-Situ Exploration. Ce rover est le jumeau d’ingénierie de Perseverance, actuellement sur Mars. Depuis des années, il sert de banc d’essai aux équipes de la NASA : toutes les commandes envoyées au rover martien y sont d’abord testées, dans un décor reconstituant le sol de la planète rouge.
Ainsi, l’agence spatiale américaine envisage de lui offrir une seconde vie en l’envoyant sur la Lune, où il serait chargé d’étudier la surface et le sous-sol afin d’identifier d’éventuelles ressources. Et contrairement aux autres rovers lunaires, alimentés au solaire, Promise fonctionne avec un générateur nucléaire. Cela devrait lui permettre de fonctionner même pendant la nuit lunaire, longue de deux semaines, et d’explorer des zones qui ne voient jamais la lumière du Soleil.
Mais il y a un obstacle à son déploiement, et il est de taille : très imposant, le rover ne pourrait être déployé sur la Lune qu’à bord de Blue Moon de Blue Origin ou Starship de SpaceX. Problème, les fusées concernées ne sont actuellement pas en service, mais ce nouveau projet témoigne des voraces ambitions de la NASA, qui ne veut surtout pas se laisser devancer par la Chine.
Un RTG est une source d’énergie embarquée qui transforme la chaleur produite par la désintégration d’un radio-isotope (souvent du plutonium-238) en électricité via des modules thermoélectriques. Contrairement à des panneaux solaires, il délivre une puissance stable jour et nuit, sans dépendre de l’ensoleillement ni de la poussière qui peut recouvrir les surfaces. En contrepartie, la puissance électrique reste limitée (on parle plutôt de dizaines à centaines de watts utiles) et la gestion thermique devient un point clé de l’architecture du rover. L’intérêt principal sur la Lune est la continuité d’opération pendant la nuit lunaire et dans des zones en ombre permanente près du pôle Sud.
La nuit lunaire dure environ deux semaines terrestres, ce qui prive les engins solaires d’énergie et fait chuter brutalement les températures. Les batteries seules suffisent rarement à tenir aussi longtemps sans une stratégie lourde (hibernation, chauffage, forte capacité embarquée). Aux pôles, certaines régions restent en ombre permanente, ce qui complique encore l’alimentation solaire et la gestion thermique. Résultat : il faut soit une source d’énergie non dé