// FRANCEINFO FAITS DIVERS — CRONACA
"Nous avons été victimes mais aujourd'hui on est des combattantes", déclare Gisèle Pélicot, en soutien à la campagne contre la soumission chimique lancée par sa fille, Caroline Darian
Gisèle Pélicot a exprimé sa fierté et sa reconnaissance envers sa fille qui a fondé l’association "#MendorsPas : Stop à la soumission chimique". "Malgré les épreuves, on est plus unies que jamais", confirme Caroline Darian.
Pour sauvegarder cet article, connectez-vous ou créez un compte franceinfo
"Nous avons été victimes, mais aujourd'hui, on est des combattantes", déclare Gisèle Pélicot, lundi 28 septembre sur France Inter, à l'occasion du lancement de la première grande campagne nationale de sensibilisation à la soumission chimique, lancée par sa fille, Caroline Darian, également fondatrice de l’association #MendorsPas : Stop à la soumission chimique.
"Des crimes dont on ne se souvient pas" : une campagne nationale de sensibilisation à la soumission chimique lancée avec Gisèle Pelicot
"Je pense qu'on est là aussi pour aider toutes les autres qui ne comprennent pas ce qui leur arrive aujourd'hui", explique Gisèle Pélicot, qui se dit "très fière" et "profondément reconnaissante" pour tout ce qu'a fait sa fille dans le combat pour sensibiliser à la soumission chimique.
"- Je suis très fière de ma fille et je suis profondément reconnaissante.- Je t’aime maman."L’échange entre Gisèle Pelicot et sa fille Caroline Darian pour le lancement d’une grande campagne de lutte contre la soumission chimique.Caroline Darian était au micro de @Ben_Duhamel… pic.twitter.com/RKzZ1TRza1
Gisèle Pélicot est devenue une figure de la lutte contre les violences sexuelles après le procès des viols de Mazan, au cours duquel son ex-mari, Dominique Pélicot, a été condamné en décembre 2024 pour l'avoir droguée et violée pendant des années et pour l'avoir livrée inconsciente à des dizaines d'hommes. Caroline Darian affirme être aussi victime de son père. Des photos de Caroline, dénudée et inconsciente, ont été retrouvées. Elle a déposé plainte contre son père en 2025.
"Ce combat" contre la soumission chimique, "il est celui de Caroline, bien sûr, il est le mien, mais il est surtout désormais celui de toute la société", affirme Gisèle Pelicot, qui estime que si cette campagne avait existé, elle aurait pu ne pas perdre "dix ans d'errance médicale". "Si j'avais eu quelqu'un qui avait témoigné, ne serait-ce que cette association, j'aurais eu un doute, et je serais allée consulter tout de suite pour faire une prise de sang, mais malheureusement, j'ai perdu dix ans", regrette-t-elle. Pour cette raison, "il faut que les pouvoirs publics s'emparent de ce sujet".
De son côté, Caroline Darian se dit "très émue" par le soutien de sa mère au lancement de cette première campagne. "Malgré les épreuves (...), avec ma mère, on est plus unies que jamais aujourd'hui", affirme la fondatrice de l'association #MendorsPas. "Cette campagne, c'est un signal fort pour les victimes", affirme Caroline Darian, qui veut envoyer un "message" et leur dire : "Nous, on vous croit, vous n'êtes plus seules et vous méritez d'être reconnues, d'être écoutées et d'être accompagnées". Cette première campagne "rend visible, ce qui n'est pas palpable", et "montre le calvaire très spécifique des victimes de soumission chimique, qui n'ont pas de souvenirs et qui ne sont pas en capacité de raconter ce qu'elles ont vécu", explique-t-elle.
"Investiguez le doute, tournez-vous vers le Centre de référence des agressions facilitées par les substances", lance Caroline Darian aux victimes. Ce centre a été fondé par la docteure en pharmacie Leila Chaouachi, avec qui Caroline Darian collabore. "C'est une plateforme d'écoute" où "vous êtes reçus par des experts qui vont vous aider à accéder à des preuves". Car, elle insiste, "ce n'est pas parce qu'on n'a pas de souvenirs qu'on ne peut pas retrouver des traces, des traces de substances, des traces ADN, des traces numériques". C'est donc "hyper important de se tourner vers cette plateforme qui est la seule qui existe en France, à l'échelle européenne", rappelle-t-elle.