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Ces fuites iPhone 18 Pro ne sont pas des fuites, mais du vol
Hier, le 30 juin, des vidéos montrant un iPhone 18 Pro en plein test de chute ont circulé sur X via le compte @evleaks, l’un des pseudos les plus connus du petit monde des fuiteurs. Quelques heures plus tard, les vidéos avaient disparu et le compte affichait le message : « Ce post a enfreint les Règles de X ». Le compte lui-même a fini suspendu. Apple ignore d’habitude le moulin à rumeurs, la réaction est donc inhabituelle.
Premier point à clarifier, parce que la confusion a été générale : le vrai Evan Blass, historiquement derrière @evleaks, n’a rien à voir avec cette affaire. Il avait fermé son compte début mai pour raisons de santé, et le pseudo a été récupéré par quelqu’un d’autre. Evan Blass s’en est d’ailleurs amusé en public : selon lui, Apple vient de réussir « ce que Samsung n’a jamais pu faire », une pique aux années de fuites Samsung qu’il a diffusées sans jamais être inquiété.
C’est là que cette histoire sort du cadre habituel. Ces images ne viennent pas d’un contact bien placé dans la chaîne de production. Elles viennent d’une cyberattaque contre Tata Electronics, un sous-traitant indien d’Apple. Reuters a confirmé que les fichiers volés contenaient bien des documents estampillés Apple, des noms de code, des informations fournisseurs et des images d’iPhone 18 Pro en test de chute.
Un groupe se faisant appeler World Leaks aurait mis la main sur plus de 200 000 fichiers, aujourd’hui éparpillés sur le dark web. Le même sous-traitant s’était déjà fait dérober des secrets de fabrication quelques jours plus tôt, touchant aussi Tesla.
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Une fuite classique, c’est un leaker qui recoupe des sources, parfois se trompe, et diffuse une info dont personne ne peut prouver l’origine. Là, il n’y a aucun intermédiaire : ce sont des documents, des photos et des vidéos bruts, arrachés aux serveurs d’un fournisseur par rançongiciel (ou ransomware), un logiciel qui chiffre les données d’une entreprise pour lui réclamer une rançon. Diffuser ces images, c’est faire circuler des biens volés et des secrets industriels. Voilà pourquoi Apple a pu obtenir de X une suspension aussi rapide, appuyée par ses avocats.
Sur le fond, les clips laissaient entrevoir un iPhone 18 Pro gris argent, au dos plus uniforme que le design deux tons de l’iPhone 17 actuel, avec un module photo proche mais des objectifs plus saillants. Prudence toutefois : comme le compte diffuseur était un imposteur, certains ont mis en doute l’authenticité même des vidéos. On saura vraiment à qui s’en tenir en septembre, à la présentation officielle des iPhone 18 Pro et 18 Pro Max. En attendant, d’autres images issues du même piratage, comme des clichés de l’intérieur de l’appareil, continuent de circuler.
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Apple ne fera pas disparaître tout Internet, et le contenu se retrouve déjà copié ailleurs. Mais l’intérêt de cette affaire n’est pas le design de l’iPhone : c’est le rappel qu’une partie du « leak » qu’on consomme comme du divertissement repose sur des données volées à des travailleurs et des entreprises. Regarder une vidéo de test de chute est inoffensif, la façon dont elle a atterri sur X l’est beaucoup moins.
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