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Actualité : Moustique-tigre : pourquoi des drones s'apprêtent à larguer des millions d'insectes en Europe
Alors que le moustique-tigre poursuit sa colonisation de l'Europe, la recherche scientifique passe à la vitesse supérieure. Pour contrer cet envahisseur, une stratégie inédite voit le jour : parachuter des millions de moustiques mâles stériles depuis les airs. Ce déploiement par drones marque un virage technologique majeur après des décennies de tests infructueux ou limités au niveau du sol.
© Image générée par Gemini - Moustiques-tigres : pourquoi des drones vont bientôt en larguer des milliers au-dessus de nos villes
Pendant longtemps, la Technique de l’insecte stérile (TIS) s'est cantonnée au plancher des vaches, s'appuyant sur des véhicules équipés de cages ouvertes. Cette méthode se heurtait toutefois à la réalité du terrain : les zones urbaines hyper denses restaient compliquées à couvrir de manière homogène, et les secteurs enclavés demeuraient totalement inaccessibles.
C’est ici que le projet Mosquarel, portant la signature du Cirad et soutenu par le Conseil européen de la recherche (ERC), a bousculé les codes. Dès 2021, un drone expérimental a libéré avec succès 40 000 moustiques mâles stériles à Prades-le-Lez, dans l’Hérault. L'effondrement constaté de la population locale a validé la viabilité de cette approche, officiellement reconnue par l’AIEA en 2025. Aujourd'hui, les prototypes ont passé un cap et peuvent embarquer jusqu'à 50 000 insectes par vol.
En laboratoire, des moustiques mâles sont élevés en masse, puis soumis à une irradiation qui annihile leur capacité reproductive. Une fois relâchés dans la nature, ces spécimens s’accouplent avec les femelles sauvages, mais les embryons s'avèrent non viables : aucune génération suivante n’éclôt.
Des lâchers continus enclenchent alors une véritable spirale démographique négative. À mesure que la proportion de mâles stériles augmente, les femelles rencontrent de plus en plus fréquemment des partenaires stériles. Les naissances s'effondrent et l'effectif global décroît, génération après génération, sans pour autant provoquer de disparition brutale de l’écosystème.
Le moustique-tigre, Aedes albopictus, constitue la cible prioritaire sur le Vieux Continent. Ce vecteur redoutable propage la dengue, le chikungunya et le virus Zika. Hélas, son expansion territoriale s'accélère à la faveur de la hausse globale des températures.
Larguer des moustiques ne suffit pas ; il faut le faire intelligemment. Les systèmes autonomes ajustent en continu leur altitude pour contourner les bâtiments, modulent le débit de libération en fonction de la densité estimée des populations sauvages, et intègrent les données météorologiques en temps réel.
Lancé en 2026, le projet OptiMoustik associe ces techniques de largage par drone à l'outil de cartographie prédictive Arbocarto. L'ambition affichée est de maximiser l'efficacité des interventions, réduire les coûts opérationnels et faciliter le déploiement à grande échelle.
Plusieurs pays européens déploient des programmes pilotes au cours de cette année 2026. En France, l’EID Méditerranée poursuit ses travaux dans la lignée des essais menés à Prades-le-Lez. Un atelier scientifique international, organisé à Montpellier en avril 2026, a d'ailleurs rassemblé chercheurs, autorités sanitaires et exploitants afin d’harmoniser les protocoles.