// LES NUMÉRIQUES — HARDWARE & GADGET
Actualité : Windows 11 : les Pays-Bas montrent la porte à Microsoft et codent leur propre Linux
Le ministère néerlandais de l'Intérieur développe DAWO, un poste de travail souverain bâti sur NixOS, du système d'exploitation jusqu'au cloud. Huit communes l'éprouvent déjà, sur des portables réformés.
© Les Numériques - Aux Pays-Bas, le manchot de Linux s'installe sur les ruines de la fenêtre de Redmond.
À La Haye, l'alerte a sonné début 2025. Washington sanctionne la Cour pénale internationale et, selon le site néerlandais Tweakers, qui a longuement interrogé les développeurs du projet, Microsoft aurait alors privé le procureur Karim Khan de sa messagerie. L'éditeur conteste cette version. Au ministère de l'Intérieur, une question s'est imposée malgré tout : que pèse un État dont les outils quotidiens dépendent du bon vouloir d'une capitale étrangère ?
L'acronyme désigne le Digitaal Autonome Werkomgeving Overheid, "environnement de travail numérique autonome de l'administration", piloté par le ministère de l'Intérieur et des Relations au sein du Royaume (BZK).
Son cœur, DAWO-NixOS, repose sur une distribution née d'un gestionnaire de paquets conçu à l'université d'Utrecht. Sa configuration s'écrit comme du code : chaque poste se reproduit à l'identique, se contrôle ligne à ligne, se restaure en un clin d'œil. Pour la bureautique et les échanges, la suite MijnBureau assemble des briques du français La Suite, de l'allemand OpenDesk et de Nextcloud. Tout le code est publié sur la plateforme de l'État néerlandais.
Le cœur de DAWO, bâti sur NixOS, se développe à livre ouvert sur Codeberg, plateforme d'hébergement de code associative basée en Allemagne.
L'administration néerlandaise dépend à tel point de technologies non européennes qu'elle se trouve vulnérable, entre autres, aux perturbations de ses systèmes critiques venues de l'extérieur et à la perte de contrôle de ses données.
Le pilote a démarré en avril 2026 à 's-Hertogenbosch, Zaanstad, Ede et Amsterdam, d'après le communiqué officiel. Tweakers dénombre désormais huit villes engagées. Les machines sont d'anciens portables déjà rayés des inventaires, et DAWO tourne aussi sur des PC incapables d'accueillir Windows 11. Aucun calendrier de déploiement n'existe, l'équipe espère une version 1.0 en 2027.
Amsterdam a de la compagnie. Lyon a amorcé dès juin 2025 son virage vers Linux et OnlyOffice. En octobre, Polytechnique suspendait sa migration vers Microsoft 365 sous la pression du Conseil national du logiciel libre. Le 8 avril 2026, la direction du numérique de l'État annonçait quitter Windows pour Linux et sommait chaque ministère de présenter son plan avant l'automne. Berne, enfin, teste une alternative souveraine sur 3 000 postes chargés de données sensibles.
Munich, revenue sous Windows en 2017 après plus d'une décennie sous LiMux, connaît le prix du dernier kilomètre.