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Dossier : “J'ai voulu créer une app gratuite, open source et respectueuse de la vie privée” : Saracroche, le logiciel qui veut mettre fin aux démarchages téléphoniques
Né il y a un peu plus d’un an, Saracroche est rapidement devenu un phénomène en France. Pensée pour échapper au fléau des appels indésirables, l’app s’est taillé une excellente réputation au fil des mises à jour. Nous nous sommes entretenus avec Camille Bouvat, son développeur principal, pour savoir comment cette petite solution toulousaine a réussi à s’imposer comme une référence sur le marché.
© Corentin Béchade / Les Numériques - Saracroche, l'histoire d'une petite app devenue grande
Eh bien, c’est tout bête. Comme tout le monde, je recevais souvent des appels indésirables. À l’époque, j’utilisais Orange Téléphone, mais il a ensuite fallu opter pour un abonnement premium. Après, j’ai utilisé Begone, mais le problème, c’est qu’il y avait aussi un module payant.
Du coup, comme ça m’intéressait de faire du développement iOS, alors que je suis plutôt issue du dev web à la base, j’ai tenté de concevoir un prototype de Saracroche. J’ai sorti la première version fin mars 2025 en me faisant aider par des IA.
Un journaliste de MacGeneration a vu le projet et a écrit un article dessus. Ça m’a obligé à revoir tout le code très vite, puisqu’à l’époque, c’était un simple passe-temps sans prétention pour moi et mes proches. J’ai lancé la version Android au mois d’août suivant et un article de Frandroid a généré 8000 à 10 000 installations. Et c’était parti !
Oui et non. La première version était uniquement basée sur les préfixes de l’Arcep, mais on atteint vite les limites du système parce qu’il est pensé pour des sociétés qui respectent la loi. Ensuite, j’ai contacté les créateurs de listes partagées en open source sur GitHub. Ça m’a permis d’avoir une première base.
Après, j’ai mis en place les signalements dans l’application et appliqué un algo qui me permet d’obtenir une notation de “spammabilité” par opérateur ; je bloque ce dernier dès que le niveau devient trop élevé. Aujourd’hui, la base de données de Saracroche est 100 % indépendante.
Je pense que ça va calmer le démarchage, mais pas l’arrêter. La majorité des sociétés qui y ont recours sont basées à l’étranger et passent par une boîte intermédiaire. Cela permet de diluer le risque.
En plus de cela, il faut dissocier l’arnaque, le spoofing et le démarchage. Ce n’est pas la même chose, et la loi ne couvre que les cas de démarchage.
Je n’ai pas de statistiques, car l’application ne stocke rien. Les seules informations dont je dispose, ce sont les téléchargements via Google et Apple. D’après ces boutiques, j’affiche 2,1 million de téléchargements environ, dont 900 000 sur iPhone et 1,2 million sur Android. Sur iPhone, les gens sont habitués à payer et ils sont souvent surpris d’avoir une app gratuite et open source.