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Invasion de méduses et réacteurs bridés : comment le réseau électrique a tenu bon en France cet été
L’été 2026 a été rude pour tout le monde, y compris pour le système électrique français. Fortes chaleurs, épisodes de sécheresse, feux de forêt et orages violents sont autant d’événements qui ont marqué le réseau français, aussi bien du côté de la production que du transport et de la consommation d’électricité.
Face à ces trois mois exceptionnels, RTE, gestionnaire du réseau de transport d’électricité français, a publié le 21 septembre ses premières analyses sur le fonctionnement du système électrique cet été. Ce bilan reste provisoire, RTE l’affinera dans son Bilan électrique annuel attendu début 2027, mais il donne déjà un aperçu de ce qui pourrait nous attendre dans les prochaines années.
En analysant les chiffres des mois de juin, juillet et août, RTE a constaté une tendance très nette : la consommation d’électricité a augmenté, portée par la climatisation. Elle a atteint 99,1 TWh entre juin et août, contre 95,2 TWh l’an dernier, avec une hausse de 4 à 5 % en juin et en juillet par rapport à 2025. Même la courbe de consommation a évolué par rapport aux années précédentes, avec une consommation un peu plus élevée en début de soirée, à cause de l’accumulation de chaleur dans les logements au fil de la journée.
La pointe de consommation n’a pas explosé pour autant : elle a avoisiné 60 GW cet été, un niveau comparable à celui de l’été 2019 et très loin des quelque 90 GW atteints en janvier 2026. RTE estime d’ailleurs qu’à l’horizon 2035, la pointe restera plus élevée en hiver qu’en été en France, même avec beaucoup plus de climatiseurs installés.
Si la part des voitures électriques tend à augmenter sur nos routes, ces dernières n’ont encore qu’un effet marginal sur la consommation électrique, et RTE n’en attend pas d’effet significatif avant 2030 environ. Ainsi, RTE n’a remarqué aucun pic de consommation lors des chassés-croisés estivaux, malgré une utilisation plus importante des stations de recharge rapide.
Côté production d’électricité, de nombreux réacteurs nucléaires ont dû être arrêtés ou bridés, à cause de la température ou du débit trop faible des cours d’eau qui servent à les refroidir. Le pic d’indisponibilité a eu lieu le 17 août, entre 3 h et 10 h du matin : 15 réacteurs répartis sur huit centrales étaient alors arrêtés ou bridés en même temps, pour 13,4 GW de puissance indisponible, soit 21 % du parc nucléaire installé. À cette situation s’est ajouté un afflux massif de méduses dans les stations de pompage d’eau de mer de la centrale de Gravelines, privant la centrale de 1,8 GW de capacité de production.
La France n’a d’ailleurs jamais manqué d’électricité : elle est restée exportatrice nette 99,9 % du temps entre juin et août, n’important qu’un peu plus de deux heures sur tout l’été. Son solde exportateur a atteint 23,7 TWh, un peu moins qu’en 2024 (25,1 TWh) et en 2025 (24,7 TWh).
RTE estime que ces arrêts ont fait perdre jusqu’à environ 10 térawattheures (TWh) de production nucléaire, un record, loin devant 2003 (6 TWh) et 2020 (3 TWh). C’est à peu près la consommation annuelle de 2 millions de foyers français. La production nucléaire a pourtant atteint 83,7 TWh entre juin et août, contre 83,5 TWh en 2024 et 84,4 TWh en 2025, grâce à une disponibilité des réacteurs particulièrement élevée en dehors des vagues de chaleur. Le nucléaire a fourni environ 67 % de l’électricité produite en France cet été.
Côté hydraulique, en revanche, le bilan est nettement moins bon. Seuls 10,8 TWh d’électricité ont été produits, contre 12,3 TWh l’an dernier : c’est la deuxième plus faible production estivale depuis 50 ans, derrière les 10,2 TWh de l’été 2022. Fin août, les stocks hydrauliques ne dépassaient pas 2,1 TWh, leur plus bas niveau à cette période de l’année depuis 2015. RTE assure toutefois que cette faiblesse ne suscite pas, à elle seule, d’inquiétude particulière pour l’approvisionnement de l’hiver prochain.
Le réseau de transport a lui aussi été mis à l’épreuve. Les fortes chaleurs limitent la quantité d’élec