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La reconstitution du meurtre de Delphine Aussaguel, avec Cédric Jubillar, "à la fois constructive et frustrante"
Cédric Jubillar a participé vendredi à une reconstitution du meurtre de sa femme, Delphine Aussaguel, à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn, au domicile du couple, puis dans le champ où il affirme l'avoir enterrée.
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Avant son retour dans le box des accusés l'an prochain, Cédric Jubillar a participé à une reconstitution vendredi 2 octobre. Elle s'est déroulée dans le Tarn, à Cagnac-les-Mines, où cet homme est accusé d'avoir tué sa femme, Delphine Aussaguel, et dissimulé son corps en décembre 2020. Cette reconstitution intervient après une première condamnation à 30 ans de réclusion. Depuis, Cédric Jubillar a avoué avoir tué sa femme. La reconstitution a duré un peu moins de quatre heures.
"Je décide d'aller cacher le corps" : ce que Cédric Jubillar a dit en interrogatoire deux semaines avant la reconstitution du meurtre de sa femme
Cette reconstitution s'est déroulée en trois séquences distinctes. Une première a eu lieu vendredi matin, dans la maison du couple à Cagnac-les-Mines. Cédric Jubillar est arrivé, discrètement, dans un van noir avec gyrophares. Il était suivi par la juge d'instruction et tous les avocats. Pendant un peu moins de deux heures, cet homme a montré comment il s'y est pris pour tuer sa femme, sous le coup de la colère, assure-t-il. Il a mimé un geste d'étranglement, les mains sur le cou d'une gendarme de même corpulence que sa femme. Il a affirmé avoir ensuite paniqué et emmené le corps de Delphine Aussaguel dans un champ.
"On a été mis en situation, on a pris des photos, on fige ce qu'il nous explique", raconte Me Malika Chmani, avocate des deux enfants du couple, qui a assisté à la reconstitution.
Ensuite, c'est la deuxième séquence qui s'est déroulée : le trajet jusqu'à ce champ. Là, la scène est assez unique dans son genre. Une trentaine de véhicules sont arrivés, les uns derrière les autres, avec un camion de l'identification criminelle. Ce convoi était guidé par Cédric Jubillar lui-même. La juge d'instruction lui a demandé de suivre le chemin qu'il prétend avoir pris pour conduire de Cagnac-les-Mines jusqu'au champ situé dans la commune de Mailhoc. Un chemin compliqué, puisqu'il a d'abord, selon ses dires, voulu passer par Albi avant de rebrousser chemin, sans savoir vraiment pourquoi il a pris sa décision.
Cédric Jubillar n'a pas pu reproduire dans les conditions du réel, ce qu'il dit avoir fait, car c'était en décembre, la nuit, qu'il faisait froid et que le terrain était à moitié gelé. "On nous décrit plusieurs monticules, peut-être une dizaine, et lui met le corps entre deux, il a creusé avant. Il va chercher le corps, il le met dedans et il prend de part et d'autre des monticules pour recouvrir le tas", explique Me Malika Chmani.
La reconstitution a donc duré moins de quatre heures, menée au pas de course. Laurent Boguet, l'autre avocat des enfants du couple Jubillar, prend acte de ce qui a été fait pendant cette reconstitution, sans vraiment en repartir convaincu. "Ce qui est certain, c'est que la reconstitution criminelle en tant que telle cristallise ce qu'il nous dit, confie-t-il. Ça nous permet de prendre la mesure exacte de ses nouvelles déclarations, qui, moi, ne me conviennent pas."
"Il ne nous aide toujours pas. Six ans après, il reconstitue des fragments mémoriels... Je crois, en tant qu'avocat de Louis et Elyah, qu'il y a des séquences dans une vie qui ne s'oublient jamais."