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"Un usage proportionné de la force pour rétablir l'ordre" : quelles réponses face aux violences urbaines en marge du mouvement lycéen ?
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Cela fait près de deux semaines que le mouvement lycéen a débuté, et depuis 48 heures, la question se pose : la mobilisation est-elle hors de contrôle? Comment le gouvernement fait-il face ? Quelles réponses, politique, sécuritaire, face à ce mouvement protéiforme et hautement inflammable ?
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Des policiers tentent de disperser des manifestants ce matin à Rennes (Ille-et-Vilaine), et soudain, lors de leur intervention, une femme les interpelle, très émue, leur criant d'arrêter. Face à des adolescents, leur mission est délicate. Les consignes du ministre de l'Intérieur ont été passées : "Faire un usage proportionné de la force […] pour rétablir l'ordre." Mais à Rennes, pour disperser la foule, la police utilise des grenades assourdissantes ou parfois, des moyens lourds, comme un canon à eau.
"La situation est difficile parce qu'on n'est pas dans un cadre traditionnel de manifestation, ce qu'on a pu connaître sur le début du mouvement, mais on est aujourd'hui dans des situations de violences urbaines, où les policiers interviennent, soit pour aller interpeller, soit pour neutraliser à distance", souligne Agathe Foucault, porte-parole de la Police nationale.
Les policiers et les gendarmes utilisent leurs lanceurs de balles de défense et de grenades lacrymogènes. Des armes controversées, soupçonnées d'être à l'origine de mutilations. Cinq enquêtes de l'IGPN ont d'ailleurs été ouvertes depuis le début du mouvement. Au terme de cette nouvelle journée d'affrontement à Rennes : 29 gardes à vue ont été décomptées, plus de la moitié pour des violences contre les forces de l'ordre. La grande majorité des suspects est mineure.
Face à cette violence, le garde des Sceaux appelle la justice à "renforcer son action répressive", même si la justice des mineurs répond à des règles spécifiques. "Le maître mot, je crois, c'est d'adapter pour nous une réponse pénale sans céder à quelque émotion que ce soit. On n'est pas là pour ça. On est là pour adapter notre réponse aux faits, à la gravité, à la personnalité de leurs auteurs", indique Frédéric Chevallier, président de la Conférence nationale des procureurs de la République (CNPR).
Les responsables policiers espèrent une accalmie ce week-end, en attendant la journée de mobilisation des lycéens mardi.
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