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"C'est un morceau du moteur" : les chasseurs d'épaves enquêtent sur le crash de deux avions dans le Mont-Blanc
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Chaque semaine, Allan Tramontana se rend dans le glacier des Bossons au pied du Mont-Blanc pour tenter de retrouver des traces de deux avions d'Air India, qui se sont crashés en 1950 et 1966. Un travail de longue haleine dans un environnement hostile.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Au milieu d'un désert fait de roches et de glace, Allan Tramontana recherche pendant des heures, des journées entières, le moindre indice, la moindre trace d'un passé tragique. Cet explorateur atypique appartient au cercle fermé des chasseurs d'épave. Son terrain de jeu est un environnement hostile : le glacier des Bossons au pied du Mont-Blanc.
Il est accompagné dans sa quête, ce jour-là, par un guide de haute montagne. "C'est un morceau du moteur", alerte le guide en fouillant. "Je ne vois pas de plaque d'identification. C'est le morceau du turboréacteur du Boeing", précise Allan Tramontana.
En 1950 et 1966, deux avions de ligne de la compagnie Air India se sont écrasés dans les pentes du plus haut sommet d'Europe. Le Malabar Princess d'abord, puis un Boeing 707, le Kangchenjunga, laissant derrière eux des milliers de débris. Avec le changement climatique, la fonte du glacier s'accélère. Piégés auparavant dans ce dédale de granit et de crevasses, des fragments de vie et d'histoire refont peu à peu surface.
"Je ne dis pas qu'on retombe en enfance, mais c'est peut-être notre côté un peu aventurier qui ressort dans ces moments-là", sourit le chasseur d'épaves. Dix ans d'une enquête glaciaire à raison d'une expédition par semaine, souvent stoppée net par des blocs de pierre et de glace qui dévalent la montagne en permanence. "C'est un environnement mouvant qui fond très rapidement. L'année dernière, il était à peu près 15 mètres plus haut et 15 mètres, c'est l'équivalent d'un immeuble de cinq étages", souligne le guide.
Malgré des risques très importants, le glacier suscite toujours les convoitises, surtout depuis 2013 et la découverte d'un trésor précieusement gardé à Chamonix : des émeraudes et des saphirs transportés par l'avion, d'une valeur estimée de 140 000 euros. Au fil des années, Allan Tramontana s'est lui aussi confectionné son propre musée : "Le journal Time of India du 22 juillet 1966, des billets, un gilet de sauvetage une ceinture de sécurité..."
Des centaines de trouvailles qui participent à la mémoire du glacier, comme à celle des victimes. "Ce n'est pas simplement un accident d'avion, c'est beaucoup plus global. Ça nous donne des informations sur énormément de sujets différents. Comment les gens vivaient, leurs histoires personnelles, mais également ce qui était dans l'avion", détaille-t-il. Reste un élément encore jamais découvert, la boîte noire du Boeing, emprisonnée dans cette langue de glace, longue de 7 kilomètres.
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