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Bambu Lab condamné à verser 27,6 millions de dollars d’amende à Stratasys pour avoir enfreint 4 brevets
Le 18 septembre, après une semaine de procès à Marshall, au Texas, un jury fédéral a jugé que Bambu Lab avait délibérément enfreint quatre brevets de Stratasys. Le fabricant chinois doit verser à son concurrent américain environ 27,6 millions de dollars, soit près de 24,5 millions d’euros, pour le préjudice déjà subi. Bambu Lab est le numéro un des imprimantes 3D grand public, et plusieurs de ses modèles phares sont visés par la plainte, dont la X1 Carbon, la P1S et l’A1 mini.
Pas de panique pour les propriétaires : le tribunal n’a prononcé aucune interdiction de vente. Les imprimantes restent donc en rayon et continuent de fonctionner normalement.
Stratasys, fait partie des pionniers du secteur de l’impression 3D. L’entreprise a été fondée en 1989 par Scott Crump, l’inventeur du dépôt de fil fondu (FDM), une technique qui fait fondre un fil de plastique pour construire un objet couche par couche. La quasi-totalité des imprimantes de bureau l’utilisent, Bambu Lab compris.
Le brevet le plus commenté porte sur les tours de purge. Quand une imprimante change de couleur en cours d’impression, sa buse contient encore des restes de l’ancien filament. Il faut donc la vider en faisant couler un peu de la nouvelle couleur.
Les premières machines éjectaient ces bouts de plastique à côté du plateau. Avec la tour de purge, l’imprimante dépose plutôt ce surplus sous forme d’une petite colonne, à côté de l’objet.
Les trois autres brevets portent sur des fonctions moins visibles. Deux concernent la détection de force au niveau de la tête d’impression, qui permet par exemple de sentir le contact avec le plateau. Le dernier décrit une façon de tracer le fil pour combler les petits vides à l’intérieur d’une couche.
Bambu Lab conteste le verdict. Dans une déclaration à 3D Printing Industry, la marque se dit en désaccord avec le jury et annonce qu’elle va demander un réexamen de la décision, puis faire appel.
Le constructeur rappelle aussi qu’il a gagné une manche en Europe. Le 24 avril, la Juridiction unifiée du brevet, le tribunal européen spécialisé, a rejeté à La Haye la demande de mesures provisoires de Stratasys contre la H2C, une imprimante de Bambu Lab qui change automatiquement de tête d’impression. Stratasys n’a pas fait appel. Par contre, les brevets et les règles ne sont pas les mêmes des deux côtés de l’Atlantique, et cette décision ne pèse pas directement sur le procès américain.
Surtout, le jury a jugé la contrefaçon délibérée. Aux États-Unis, ce verdict autorise le juge à augmenter les dommages et intérêts, jusqu’à les tripler. Stratasys n’a pas encore dit s’il demanderait une interdiction de vente.
Pour les propriétaires européens, rien ne change à court terme : les imprimantes fonctionnent et se vendent normalement. Aux États-Unis, en revanche, une interdiction de vente pourrait aussi priver les clients de pièces détachées. Stratasys a aussi lancé un second procès en août 2024, qui vise notamment un brevet sur l’impression en réseau, et celui-ci n’a pas encore de date.