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VIDEO. "Après la colère" : trois ans après le meurtre de Thomas à Crépol, Caroline Roux tente de faire renaître le dialogue dans un documentaire
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France 2 inaugure une nouvelle collection documentaire incarnée par Caroline Roux. Intitulée "Après la colère", elle propose, à travers des faits d'actualité récents, de prendre le pouls de la société en réunissant des Français de camps opposés.
Dans la nuit du 18 au 19 novembre 2023, Thomas Perotto, 16 ans, est tué d'un coup de couteau à la sortie d'un bal de village à Crépol (Drôme). Dix-sept autres personnes sont blessées lors de cet affrontement. Rapidement, les enquêteurs identifient les agresseurs : un groupe de jeunes venus du quartier de la Monnaie à Romans-sur-Isère, une commune voisine. Onze d'entre eux seront jugés devant la cour d'assises des mineurs de la Drôme. La circonstance aggravante de racisme envers "la race blanche et la nation française" a été retenue.
Ce drame, qui a provoqué une vague d'indignation dans l'Hexagone, a aussi fait l'objet d'une récupération politique. En cause, les propos anti-Français qu'auraient tenus les suspects lors de la bagarre. Rapidement, les débats se sont enflammés autour de l'immigration et de l'insécurité, érigeant Crépol en symbole d'une France fracturée.
Un documentaire, intitulé Le Drame de Crépol, diffusé mardi 6 octobre à 21h10 sur France 2, revient sur le déroulé de ce tragique événement à partir des témoignages de participants au bal, de proches des mis en examen, ainsi que des maires de Crépol et de Romans-sur-Isère. Il analyse les faits avec recul, se penche sur les profondes cicatrices laissées par ce drame et, surtout, incite les protagonistes, aux points de vue opposés, à se rencontrer et à échanger.
Fayçal vit dans le quartier de la Monnaie à Romans-sur-Isère. Il n'était pas présent au bal, mais connaît les jeunes mis en cause dans cette affaire. Il accepte de rencontrer Anaïck, habitante d'un village voisin dont la fille, Louise, a été témoin de la sanglante bagarre. Caroline Roux leur fait écouter les déclarations de la mère d'un suspect, qui a témoigné précédemment dans le documentaire et qui rapporte que son fils lui a confié "s'être battu avec des Français" à Crépol.
Ces propos choquent Anaïck, qui ne s'explique pas comment un jeune homme né en France puisse dire une chose pareille. "Cela me fait peur, confie-t-elle. A partir du moment où on est né en France (...), on est forcément français. (...) Je ne comprends pas l'expression." De son côté, Fayçal admet ne pas être surpris et affirme entendre souvent des jeunes de son quartier faire la distinction entre eux et "les Français".
"Tu peux être français, mais tu peux te sentir étranger, explique-t-il. C'est un ressenti. (...) Peut-être qu'il aime ce pays et qu'en retour, peut-être que ce pays ne l'aime pas." Selon Fayçal, le problème majeur réside dans le racisme dont sont victimes les habitants des cités. "La France, aujourd’hui, est extrêmement raciste, assène-t-il. Quand tu vas chercher du boulot et qu'on te demande où tu habites, je suis désolé, c'est de la discrimination. (...) Depuis Crépol, cela a empiré."
Si Anaïck reconnaît que le drame de Crépol a eu inévitablement un impact sur les jeunes du quartier de la Monnaie, elle se refuse à considérer la France comme un pays raciste. "Les dirigeants ont donné ce sentiment en ne rassurant pas les gens, c'est pourquoi on en est là aujourd'hui", juge-t-elle, ajoutant que la peur est, selon elle, la principale cause des fractures entre communautés. Elle reste cependant optimiste quant à la possibilité que tout le monde réussisse à vivre ensemble. De son côté, Fayçal estime que si les gens ne vivent pas les uns contre les autres, ils vivent "les uns sans les autres".
Le documentaire Le Drame de Crépol, réalisé par Vincent Trisolini, est diffusé mardi 6 octobre à 21h10 sur France 2 et est visible sur la plateforme france.tv.