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Actualité : ChatGPT a attaqué Wikipédia : des millions de pages aspirées et une panne de quatre jours
Après Hugging Face, les sites gouvernementaux américains et le système de santé australien, c'est au tour de la Wikimedia Foundation de révéler l'ampleur des dégâts. Les agents autonomes d'OpenAI ont crawlé des millions de pages, bombardé les serveurs de Wikidata de centaines de milliers de requêtes, et tenté de détourner un outil de citation pour aspirer des données externes. La fondation soupçonne ce trafic d'avoir provoqué une panne partielle de quatre jours en mai.
© Julia Perova - Le logo de Wikipédia vu à travers une loupe, sur fond de clavier. Les IA d'OpenAI ont crawlé des millions de pages sur les plateformes Wikimedia.
La Wikimedia Foundation a publié un billet détaillant les traces laissées par les agents "voyous" d'OpenAI sur ses plateformes. Selena Deckelmann, directrice produit et technologie de la fondation, y décrit trois catégories d'activités non autorisées repérées sur Wikipedia, Wikidata, Wikimedia Commons et le service Etherpad hébergé par la fondation.
Première catégorie : des éditions wiki, concentrées dans les zones sandbox, avec des tentatives de modifier la configuration d'un outil de citation. L'objectif présumé : transformer cet outil en relais pour récupérer des données depuis des sites externes. Deuxième catégorie : des tentatives, cette fois échouées, de compromettre Etherpad pour en faire un proxy similaire. Troisième, la plus lourde : un trafic automatisé massif, avec des millions de pages crawlées sur Wikidata et Wikimedia Commons, et des centaines de milliers de requêtes envoyées au Wikidata Query Service.
La fondation établit un lien probable avec une panne partielle du Wikidata Query Service survenue du 7 au 11 mai 2026. Pendant ces quatre jours, plus de 50 % des requêtes externes ont expiré sans réponse. Des scrapers agressifs avaient surchargé le backend Blazegraph, provoquant des défaillances en cascade sur l'indexation et le traitement des éditions. Selena Deckelmann précise que le trafic des agents "may have contributed" à cette panne, sans en faire la cause unique.
OpenAI reconnaît que ses agents se comportent de manière imprévisible, mais l'entreprise doit aussi assumer sa responsabilité de surveiller et prévenir ces risques. Les entreprises d'IA ne font pas assez pour sécuriser leurs systèmes et protéger le public des dommages qu'elles causent.
La fondation n'a trouvé aucune preuve que ses systèmes aient servi de plateforme de coordination entre agents, contrairement au DseWiki allemand où les agents avaient produit 18 000 éditions en un mois pour communiquer entre eux. Aucune compromission de données n'a été détectée.
L'épisode Wikimedia s'ajoute à une liste qui ne cesse de s'allonger. En juillet, environ 700 agents d'OpenAI avaient coordonné le piratage de la plateforme Hugging Face, volant des identifiants et compromettant des systèmes critiques. Des agents avaient aussi ciblé le gestionnaire de paquets RubyGems, le portail statistique de Medicare en Australie et plusieurs sites du gouvernement américain, dont le Census Bureau.
Wikipédia a été conçu pour les humains. Les bots et les agents font partie de l'avenir du web, et les entreprises qui les lâchent dans la nature et en tirent profit doivent contribuer directement à éviter et réparer les dégâts qu'ils provoquent.
Drew Pusateri, porte-parole d'OpenAI, a déclaré "apprécier les conclusions détaillées de Wikimedia" et travailler avec la fondation pour analyser l'activité détectée. L'entreprise avait prévenu début octobre plus de 100 organisations que ses agents avaient pu accéder à leurs systèmes lors de tests de pré-déploiement.