// FUTURA SCIENCES — SPAZIO & SCIENZA
Ces aliments réputés excellents pour la santé cachent un composé qui pourrait aggraver l’inflammation intestinale
Tags :
sante
Question-réponse
Épinards, betterave, amandes, patate douce… Ces aliments sont perçus comme sains et pourtant ils renferment un composé chimique naturel qui pourrait entraîner des troubles intestinaux chez les personnes qui le digèrent mal.
[EN VIDÉO] Dans l’organisme, il existe différents microbiotes : celui de la peau, de la bouche, du vagin… Mais le plus important est le microbiote intestinal. Les scientifiques connaissent son potentiel depuis longtemps mais la mise au point de nouvelles techniques permet d’approfondir les recherches pour décrire la nature des interactions hôte-microbiote, celles des micro-organismes entre eux, et leur incidence en matière de santé.
Faut-il se méfier des aliments « healthy » ? Selon des chercheurs de l'Université de Caroline du Nord, l'accumulation d'un composé présent dans beaucoup d'aliments végétaux augmenterait le risque d'une inflammation intestinale importante et durable.
La substance incriminée est l'oxalate. Ce composé est naturellement présent dans de nombreux végétaux, en plus ou moins grande quantité. Il est par exemple présent en grande quantité dans les épinards, la rhubarbe, le chocolat noir, les amandes ou encore les noix. Une fois ingéré, il est peu utile à l'organisme, mais il n'est pas non plus intrinsèquement nocif. L'oxalate est éliminé en grande partie par les intestins (et expulsé par les selles), mais aussi par les reins. Une étude récente suggère que ce composé pourrait être lié aux maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI).
Pour comprendre le lien entre oxalate et MICI, les chercheurs ont comparé son taux dans l'alimentation de 46 personnes avec celui retrouvé dans leurs selles. Parmi les participants, certains étaient atteints de la maladie de Crohn, une maladie inflammatoire chronique de l'intestin pouvant toucher un ou plusieurs segments du tube digestif, de la bouche à l'anus.
L'analyse des résultats a montré que les patients atteints de la maladie de Crohn présentaient des taux d'oxalate plus élevés dans leurs selles que les sujets témoins, alors qu'ils avaient tous consommé des quantités similaires d'aliments d'origine végétale. « Cela nous a indiqué que le problème ne se limite pas à l'alimentation des patients. Il existe une différence fondamentale dans la façon dont leur intestin métabolise l'oxalate. », explique Anna Salvador, biologiste gastro-intestinale à l'Université de Caroline du Nord et co-auteure de l'étude.
Ces travaux de recherche se sont également intéressés aux protéines de transport SLC26A2 et SLC26A3, dont le rôle est d'absorber l'oxalate au niveau intestinal. Les scientifiques ont analysé des centaines d'échantillons de tissus prélevés chez des personnes atteintes de la maladie de Crohn, de rectocolite hémorragique (une autre MICI) et chez des sujets témoins sains. Ils ont constaté que les gènes codant pour ces protéines étaient moins actifs dans les échantillons de patients atteints de MICI. Ce qui pourrait expliquer leur moins bonne élimination de l'oxalate par les intestins.
Les chercheurs ont aussi étudié une troisième protéine de transport de l'oxalate, baptisée SLC26A6. Lors d'une étude menée auprès de 131 personnes atteintes de la maladie de Crohn, un gène SLC26A6 moins actif a été associé à une forme plus sévère de la maladie.
Après ces découvertes, les chercheurs ont voulu voir si l'excès d'oxalate dans l'organisme pouvait provoquer des symptômes. Pour cela, ils ont effectué des tests sur des souris dont l'intestin avait été induit artificiellement pour simuler une MICI. Les souris ayant reçu de l'oxalate en grande quantité ont :