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« Les smartphones de Samsung ne génèrent actuellement aucun bénéfice » : la crise de la mémoire forcerait le constructeur à réduire sa production
Quand l’un des plus gros fabricants de téléphones au monde met le pied sur le frein, c’est que les choses vont vraiment mal. D’après le média sud-coréen Money Today, qui a sorti l’information ce jeudi 8 octobre, la division mobile de Samsung aurait demandé à ses fournisseurs de ralentir la production de smartphones au quatrième trimestre afin de faire face à la crise de la mémoire.
La baisse porterait sur 20 à 30 % des volumes prévus au quatrième trimestre. Alors que Samsung devait produire jusqu’à 270 millions de smartphones cette année, son total annuel pourrait finalement plafonner à un peu plus de 200 millions, selon Money Today, repris par Android Authority.
Un ralentissement de la production en fin d’année est assez habituel pour Samsung, qui dévoile ses nouveaux Galaxy S en janvier ou février et voit donc souvent la demande fléchir au dernier trimestre. Selon Money Today, la baisse prévue cette fois dépasse toutefois ce qu’anticipait le marché.
« À cause de la hausse des prix de la mémoire et des semi-conducteurs, les smartphones de Samsung Electronics ne génèrent actuellement aucun bénéfice lors de leur vente », résume crûment une source interrogée par Money Today. Selon le cabinet TrendForce, cité par Money Today, 12 Go de mémoire LPDDR5X pour smartphone coûtaient environ 145 dollars (environ 130 €) au deuxième trimestre, soit 175 % de plus qu’un an plus tôt. Le cabinet attendait encore une hausse d’environ 20 % au troisième trimestre, jusqu’à 180 dollars (environ 160 €). Pour Samsung, c’est la rentabilité de toute la branche mobile qui est en jeu.
Sans marge pour compenser, chaque smartphone qui reste en rayon devient donc une perte sèche pour Samsung : mieux vaut en fabriquer moins.
Samsung n’est pas le premier à lever le pied. Fin juin, Nikkei rapportait que Xiaomi, Oppo et Vivo avaient prévenu leurs fournisseurs de baisses d’objectifs allant jusqu’à 30 % pour 2026. Xiaomi visait alors 95 millions de smartphones, contre 170 millions l’année précédente, et Oppo comme Vivo tablaient sur moins de 90 millions d’unités chacun.
Paradoxalement, Samsung alimente lui-même cette situation. Le chaebol coréen participe activement à la crise de la mémoire, puisque sa branche Samsung Semiconductor aurait réservé 70 % de sa production de mémoire à Nvidia, Microsoft et Google jusqu’en 2031. À tel point que les accords de distribution entre cette branche et la branche mobile ne sont plus assurés.
Sur le papier, Samsung devait pourtant mieux encaisser le choc que ses concurrents. TrendForce estimait que son intégration verticale, en tant que grand fabricant de mémoire, jouerait en sa faveur. En face, la mémoire pèse désormais 30 à 40 % du coût des composants d’un smartphone, contre 10 à 15 % historiquement, selon le même cabinet.
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Samsung n’a rien confirmé officiellement et il est donc bon de prendre ces informations avec des pincettes, mais, dans tous les cas, la crise de la mémoire semble rendre le marché du smartphone toujours plus instable avec notamment le secteur de l’entrée de gamme qui trinque le plus violemment.