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Tirs dans un collège à Aubagne : une mouvance violente au cœur de l'enquête
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Les tueurs de masse érigés en modèle sur les réseaux sociaux. C'est ce qui anime la mouvance que les enquêteurs ont repérée dans les activités numériques du suspect. Baptisée True Crime Community (TCC), elle glorifie les massacres de masse et encourage la violence extrême. Comment cette communauté attire-t-elle les adolescents ?
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
C’était il y a 27 ans à Columbine, aux États-Unis : une tuerie, alors sans précédent. Deux élèves pénètrent dans le lycée avant d’assassiner 12 de leurs camarades et un professeur avec des armes à feu. Ils se suicident dans la bibliothèque.
Le drame a traumatisé l’Amérique, mais il fascine toujours les adeptes d’une mouvance morbide, la True Crime Community. Il s’agit de très jeunes gens qui n’étaient pas nés à l’époque, des garçons, mais aussi des filles, obsédés par la tuerie de Columbine, comme une jeune femme aujourd’hui sortie de cette mouvance. "Je pouvais m’imaginer à certains moments ouvrir la porte et ouvrir le feu", partage-t-elle. Elle raconte avoir été embrigadée dès l’âge de 9 ans sur Internet : "Je ne me suis jamais sentie aussi reconnue par quelqu’un. Ma colère, ma tristesse semblaient être la leur. J’avais l’impression que les seules personnes qui me comprenaient étaient en ligne."
Cette menace est apparue récemment dans les radars des services antiterroristes français, des communautés numériques dans lesquelles les tueries de masse sont glorifiées et qui incitent au recours à la violence extrême.
Récemment, les équipes de France Télévisions ont pu rencontrer un agent de la DGSI, spécialiste de cette mouvance. "Dans cette True Crime Community, on est plutôt sur des gens misanthropes, qui vont chercher un exutoire, et l’exutoire, ça va être cette recherche d’ultra-violence. Dans les derniers temps de la radicalisation, ils vont consommer de manière extrêmement assidue, voire frénétique, des vidéos d’exécution. Il peut y avoir justement un déclencheur, qui peut être une rupture sentimentale par exemple, et généralement, il faut finir en emportant un maximum de personnes, et notamment des personnes qui pourraient leur faire du mal."
Déjà, en mars 2017, à Grasse, un élève de 16 ans avait blessé 5 personnes, dont le proviseur, au sein de son lycée, lui aussi voulait s’inspirer de la tuerie de Columbine.
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Tirs dans un collège à Aubagne : les élèves encore sous le choc, la piste terroriste étudiée