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Tirs dans un collège à Aubagne : pourquoi la mouvance True Crime Community, à laquelle l'adolescent arrêté "adhérait probablement", inquiète en France
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Selon le Parquet national antiterroriste, qui s'est saisi de l'enquête, l'"action criminelle" du collégien s'inscrit "dans cette idéologie" qui se développe en ligne et "glorifie les auteurs de tuerie de masse" et incite "au recours à la violence extrême".
Une mouvance qui glorifie les tueries de masse. Selon les premières investigations, le collégien de 14 ans soupçonné d'avoir tiré à plusieurs reprises dans son établissement à Aubagne (Bouches-du-Rhône) est sans doute lié à la True Crime Community (TCC), a annoncé, mardi 13 octobre, le Parquet national antiterroriste (Pnat). Il s'est saisi de l'enquête, après l'attaque dans laquelle le principal du collège et une professeure ont été blessés.
Les faits se sont produits lundi, aux alentours de 9h25, dans l'enceinte du collège Joseph-Lakanal. Le pronostic vital des victimes n'est pas engagé. Neutralisé par le conseiller principal d'éducation (CPE) du collège, l'adolescent a été interpellé dans la foulée. Sa garde à vue ne peut pas aller au-delà de 48 heures, du fait de l'âge du collégien. Cependant, s'il est mis en examen, il pourra être placé en détention provisoire, les faits étant de nature criminelle.
Mardi, le collégien a été à nouveau interrogé dans le cadre de l'enquête, désormais ouverte pour "tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste". Les investigations ont notamment été confiées à la sous-direction antiterroriste et à la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). "Des précisions complémentaires seront apportées à l'issue de la garde à vue en cours", a déclaré le Pnat.
Le parquet antiterroriste a révélé, mardi après-midi, que c'est "notamment l'exploitation des supports numériques" de l'adolescent qui "mettent en évidence" sa "probable adhésion" à la TCC. Pour le Pnat, l'"action criminelle" du collégien s'inscrit "dans cette idéologie" qui se développe sur internet et les réseaux sociaux et "glorifie les auteurs de tuerie de masse et incite, dans certaines formes, au recours à la violence extrême".
Outre la fascination pour l'ultraviolence, les personnes qui y adhèrent y voient une manière de prendre une revanche sur leur existence. Le collégien d'Aubagne a d'ailleurs déclaré pendant sa garde à vue avoir agi par esprit de vengeance, selon une source proche du dossier.
Les membres de cette mouvance expriment aussi une forme de mal-être, en particulier dans la scolarité, constate une source au sein du renseignement, qui a vu la True Crime Community émerger comme une menace au cours de l'année 2025. Selon cette source, le mouvement se rajeunit, avec une augmentation significative de nouveaux profils. Ce n'est cependant pas une première pour le Pnat, déjà saisi par le passé pour des actions liées à la TCC.
Sur les plateformes utilisées par les adeptes de cette communauté, une multitude de communautés s'agrègent dans la True Crime Community, selon nos informations. Dans un rapport d'information sur la montée en puissance des réseaux et mouvements masculinistes publié en juin, trois sénatrices rapportent que la DGSI évoque "une réelle proximité" avec les mouvances d'ultradroite mais également avec la True Crime Community. "Fermement inscrits dans une logique réactionnaire", ces "deux univers" entretiennent "une adhésion commune à des théories racialistes", et valorisent "les membres de la mouvance morts lors de passages à l'acte violents à travers le monde", expose la DGSI, citée dans le rapport.
"Cette glorification de la violence constitue l'un des marqueurs les plus préoccupants de leur proximité", est-il précisé Dès lors, les services de sécurité intérieure estiment que les réseaux masculinistes, irrigués par le racisme et l'antisémitisme, l'esthétique nazie, les valeurs ultraconservatrices, la haine contre les féministes et la communauté LGBT+, représentent "un excellent marchepied à la mouvance d'ultradroite