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Google a laissé une fausse application Chrome se hisser en tête du Play Store
Le développeur Hizbartech a déguisé une application de discussion sans intérêt en Google Chrome sur le Play Store, et a payé une publicité pour la placer au-dessus du vrai navigateur. Plus de 100 000 téléchargements plus tard, Google a retiré la contrefaçon le 14 octobre.
Depuis des mois, Google répète aux utilisateurs d’Android que sa boutique officielle est le moyen le plus sûr d’installer une application, et complique en parallèle l’installation de fichiers APK venus d’ailleurs. L’entreprise avait fixé au 30 septembre l’entrée en vigueur de la vérification d’identité obligatoire des développeurs au Brésil, en Indonésie, à Singapour et en Thaïlande. Hizbartech a donné, ce jour-là, le nom et l’icône de Chrome à l’une de ses applications du Play Store. Quand un internaute l’a signalée sur Reddit, plus de 100 000 téléchargements étaient enregistrés. Google a donc validé, puis accepté de promouvoir contre paiement, une contrefaçon de son navigateur phare, dans la boutique censée protéger les utilisateurs de ce genre d’arnaque. Oui.
Hizbartech a mis en ligne Ball Bounce quatre jours après le déploiement par Google de son parcours avancé pour installer des applications hors Play Store. Google n’a rien trouvé à redire à ce jeu de balle sans prétention. Son développeur a remplacé le 30 septembre le nom et l’icône du jeu par ceux de Chrome, lors d’une simple mise à jour, et a recopié mot pour mot la description de la fiche officielle, d’après les captures d’écran examinées par PiunikaWeb. Le nom de package de l’application était encore com.ballbounce.Hizbartech.
Si Google a laissé passer ce faux Chrome, c’est d’abord parce que Hizbartech a soumis un jeu inoffensif et n’a modifié la fiche qu’après sa validation. Sur son blog consacré à la sécurité, Google affirme mener plus de 10 000 vérifications sur chaque application publiée, et continuer à « contrôler et recontrôler les applications après leur publication ». Dans ses règles contre l’usurpation d’identité, l’entreprise interdit aussi les applications « qui trompent les utilisateurs en usurpant l’identité » d’une société ou d’une autre application. Elle a malgré tout gardé la fiche en ligne pendant deux semaines, et ne l’a retirée qu’après les signalements d’internautes et un premier article de presse.
Quelques curieux ont installé les 42 Mo de l’application pour voir ce qu’elle contenait, et n’ont trouvé aucun navigateur. « Ils n’ont même pas copié Chromium ni ajouté le moindre traqueur ou voleur d’informations, ils ont juste mis une appli de contacts bizarre avec une tonne d’avatars IA », a raconté l’un d’eux sur Reddit. Un autre internaute a évoqué une messagerie aux réponses préenregistrées.
L’internaute à l’origine du signalement a partagé une capture du Play Store où le faux Chrome est en tête des résultats de la recherche « Chrome », sous la forme d’une annonce sponsorisée, au-dessus de l’application de Google. Le géant de Mountain View a donc accepté le paiement d’un développeur pour mettre en avant une contrefaçon de son navigateur. Les journalistes d’Android Authority s’étonnent surtout de ce second raté, puisque Hizbartech cherchait clairement à faire passer son application pour Chrome.
L’annonce reste difficile à reproduire. L’équipe de PiunikaWeb ne l’a pas vue apparaître en saisissant « Google Chrome » dans la barre de recherche, mais a retrouvé la fiche dès qu’elle a tapé le nom du développeur. Des internautes ont appelé à signaler l’application en tant que logiciel publicitaire, dans un second fil de discussion sur Reddit.
Google estime depuis l’été 2025 qu’une application téléchargée sur le Web a 50 fois plus de risques de contenir un logiciel malveillant qu’une application du Play Store. Pour Android Authority, aucune boutique n’est totalement sûre, et le sideloading « n’est pas le problème ». Ses journalistes conseillent de vérifier le nom du développeur et celui du package avant toute installation. Les utilisateurs qui ont installé la copie de 42 Mo, ou un