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eSIM de voyage : les forfaits illimités sont-ils vraiment « illimités » ? Tout ce qu’il faut savoir
Non, ce n’est pas Free qui a inventé le forfait mobile illimité, même en itinérance, avec Free Max. Ce que l’opérateur a présenté comme sa troisième révolution mobile après Free Mobile et Free Flex, les fournisseurs d’eSIM de voyage le faisaient déjà depuis un moment. Holafly, par exemple, en a fait sa spécialité et propose presque exclusivement des eSIM de voyage avec une enveloppe de données illimitée.
Mais qu’en est-il en réalité ? Ces offres, portées par un discours marketing un poil abusif, jouent sur la différence entre absence de plafond et accès au service. Un forfait illimité l’est effectivement en théorie, mais c’est plus compliqué en pratique. Il faut avoir cette nuance en tête, notamment dans le cadre d’un séjour à l’étranger. Voici ce qu’il faut savoir sur les eSIM de voyage avec data illimitée.
Après le lancement du forfait Free Max, le 31 mars 2026, il n’a pas fallu longtemps pour que des abonnés testent les limites de l’« illimité ». Au-delà des problèmes de réseau sur place comme l’avait constaté notre cher Vincent lors d’un déplacement en Chine, l’opérateur peut en effet être amené à brider la connexion s’il constate un usage abusif. Dans les petites lignes de sa brochure tarifaire (page 29), Free se réserve le droit de réduire l’accès au service en cas d’usage anormal.
C’est ce qu’on appelle une politique d’usage raisonnable (ou fair-use policy). Chez Free, la connexion est en général réduite au strict minimum quand la consommation à l’étranger dépasse durablement celle en France. Les fournisseurs d’eSIM de voyage font plus simple en fixant un plafond de consommation, par jour ou sur toute la durée du forfait, au-delà duquel le débit ne suffit plus que pour la messagerie, les cartes et une navigation légère.
S’agissant des fournisseurs d’eSIM de voyage spécifiquement, le verrouillage peut être double :
De ce point de vue, un forfait illimité a l’air moins avantageux qu’un forfait ponctuel. Dans un tacle adressé à Free après l’annonce du forfait Free Max, le fournisseur Ubigi, que nous avons testé, reconnaissait que l’illimité n’était qu’un argument marketing et que la réalité était beaucoup plus nuancée. Surtout, la plupart des voyageurs n’ont pas besoin d’autant de données.
Selon l’observatoire des marchés de l’Arcep publié le 8 octobre, une carte SIM consomme en moyenne 19,3 Go de données mobiles par mois (chiffres du deuxième trimestre 2026), et même 27,8 Go chez les utilisateurs actifs en 5G. Cette moyenne est mesurée en France, où le Wi-Fi de la maison et du bureau prend le relais. Pour un séjour d’une à deux semaines, une eSIM de 10 à 20 Go couvre donc l’usage d’un abonné moyen, surtout si l’hébergement propose du Wi-Fi.
Les eSIM de voyage illimitées se heurtent aussi à des limites techniques, qui ne dépendent pas des choix commerciaux de leurs fournisseurs. Il faut partir du principe qu’un réseau mobile est une infrastructure partagée et les ressources pour le faire fonctionner ne sont pas infinies. La fair-use policy évite qu’un seul utilisateur occupe toute la bande passante d’une antenne au détriment des autres.
Les eSIM de voyage fonctionnent le plus souvent en itinérance sur les réseaux locaux, et ce trafic n’est pas toujours bien traité. Une étude réalisée par Mozark pour la Commission européenne, publiée le 15 septembre 2025, montre que dans 80 % des mesures, les utilisateurs en itinérance dans l’Union européenne ont un débit descendant inférieur à celui du réseau qu’ils visitent. La Commission précise que l’étude n’établit pas la cause de ces écarts. Parmi les pistes possibles figurent des accords commerciaux entre opérateurs et des politiques de priorisation qui font passer le trafic itinérant après le trafic local.
En cas de forte affluence, lors d’un concert ou dans un centre-ville aux heures de pointe, les eSIM de voyage peuvent être les premières à subir un ralentissement. Les opérateurs locaux donnent la priorité à leurs propres abonnés et veulent aussi s’assurer que les communi