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Reportage. Vitrines détruites, centres-villes dévastés... Que risquent les auteurs de dégradations et de pillages ?
Au lendemain des violences survenues en marge de la mobilisation contre la vie chère, Brest, comme d'autres villes en France, se réveille sous le choc. Le gouvernement promet une réponse judiciaire ferme, 2 331 personnes ont été placées en garde à vue.
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Des éclats de verre jonchent le sol. Dimanche 18 octobre à Brest, 40 agents nettoient les lieux après les dégradations. "Il y a énormément de poubelles fondues et de cailloux", constate l'un d'eux, qui comme les autres, a commencé très tôt. Brest se réveille groggy, au lendemain de la mobilisation du 17-Octobre contre la vie chère et des violences survenues dans la Cité du Ponant, en marge de cette manifestation qui n'était pas déclarée en préfecture. Vitrines cassées, rues dépavées, tags sur les banques et près du monument aux morts, "1 500 émeutiers" ont participé à ces violences, selon la préfecture. Il y a eu de la casse samedi que les habitants ont constaté avec beaucoup d'amertume.
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Les agents de la ville déposent les pavés dans des cages bleues. Franck fait partie de cette équipe, il n'a jamais vu ça. "C'est bien le bordel, dit-il. Ils ont détaché des pavés place de la Liberté. Il y a tout un tas de pavés là-bas qu'on doit évacuer, nettoyer. Tout le centre est dévasté." La place où les pavés ont été enlevés se trouve juste en dessous du monument aux morts pour la Seconde Guerre mondiale. Anne-Marie ne peut pas s'empêcher de réprimer un sanglot : "Ça me fait vraiment très mal. Mon père a été tué à la guerre. Quand on voit des gens comme ça qui cassent tout, ça me fait tellement mal au cœur."
À quelques mètres sur sa gauche, la vitrine du magasin de chaussurese Diane et Paul est protégée par une planche en contreplaqué. "On a retrouvé la boutique avec des vitrines complètement détruites, surtout une. On a de la chance, elles ont tenu le choc, mais elles sont complètement étoilées, rapporte Fanny Paul, qui constate les dégâts. On a du verre partout dans le magasin, il faut tout nettoyer. Il faut faire la liste des chaussures qui ont été abîmées par les débris de verre. Ces débris peuvent couper les cuirs et abîmer les matières." Avec sa sœur, les gérantes s'estiment heureuses de ne pas avoir été volées. Une cinquantaine de personnes ont même proposé leur aide pour nettoyer le magasin de chaussures.
"Mes amis m'ont envoyé des messages pour venir nous aider, pour nettoyer. C'est une belle solidarité en tous les cas. Mais ça ne répare pas mon magasin, ni le choc qu'on a eu".
Plus loin, le musée des mômes a vécu le même sort. "Une voisine m'a prévenue que les casseurs étaient rentrés dans le musée. Comment j'ai réagi ? C'est simple, j'ai pleuré, témoigne Jane Garo-Meunier, la présidente du musée. Les ordinateurs sont cassés, ils n'ont pas été volés. C'est presque encore plus rageant." Elle devait accueillir des enfants hospitalisés cette semaine et va devoir rester fermée sans savoir quand son musée pourra rouvrir ses portes.
Près de 2 400 personnes ont été interpellées en France samedi, une centaine d'arrestations encore dimanche à Paris, pas seulement pour des dégradations ou des pillages. Emmanuel Macron promet de la fermeté et demande un suivi judiciaire exemplaire pour les auteurs de violences et de pillages. Que risquent-ils exactement ?
Un auteur de "dégradations" ou de "destructions de biens" encourt deux ans de prison et 30 000 euros d'amende. Les peines peuvent aller jusqu'à sept ans d'emprisonnement et 100 000 euros d'amende en cas de "circonstance aggravante", comme s'il s'agit de faits commis "en réunion". Quant aux peines pour vol, en l'occurrence il s'agirait de "vols aggravés", donc "en réunion", "avec effraction" ou par "des personnes dissimulant leur visage". Avec une seule de ces circonstances aggravantes, l'auteur encourt cinq ans de pri