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Une prime de 500 € arrive pour installer une borne à domicile, mais presque personne n’y aura droit
C’est le genre d’annonce qui fait du bien aux automobilistes, surtout à leur portefeuille. Dans la deuxième phase de son plan d’électrification, présentée le jeudi 15 octobre au Mondial de l’Auto par Maud Bregeon, ministre déléguée chargée de l’Énergie, le gouvernement fait encore un pas vers les acheteurs de voitures électriques : à compter du 1er janvier 2027, une nouvelle aide de 500 euros doit alléger la facture pour l’installation d’une borne de recharge à la maison.
Comme pour les primes CEE, la facture reviendra aux fournisseurs d’énergie : l’aide sera intégrée au dispositif des certificats d’économies d’énergie pour les véhicules électriques. Le montant est un forfait de 500 euros : aucun taux de prise en charge du devis n’a été annoncé.
Ce montant reprend le plafond de l’ancien crédit d’impôt pour l’installation d’une borne, qui remboursait 75 % de l’achat et de la pose dans la limite de 500 euros, en maison comme en copropriété. Ce crédit d’impôt a disparu le 1er janvier 2026.
Pour ceux qui n’avaient pas équipé leur garage à temps, c’est une seconde chance. Le gouvernement l’assortit toutefois de trois conditions cumulatives, qui écartent une bonne partie des automobilistes. Leur détail (définition technique de la borne, date de signature du devis prise en compte) sera fixé par la fiche CEE, le texte qui encadre chaque prime, pas encore publiée.
La première condition porte sur la voiture. Pour toucher la prime, il faudra impérativement acheter un véhicule électrique d’occasion. Si vous achetez du neuf, la prime vous passera sous le nez. De même, les automobilistes déjà propriétaires d’une voiture électrique qui souhaitent enfin équiper leur garage sont purement et simplement écartés du système.
Pour les acheteurs d’occasion, cette aide s’ajoute à un dispositif qui existe déjà. Depuis quelques semaines et jusqu’au 31 décembre 2026, l’achat d’une voiture électrique d’occasion ouvre droit à une petite prime CEE d’environ 330 euros. Selon le Journal de l’Automobile, la prime borne de 500 euros prendrait la suite de ce dispositif, dont la fin est programmée au 31 décembre.
Le gouvernement mise peut-être sur le fait que les acheteurs d’un véhicule neuf peuvent négocier la borne avec le vendeur. Surtout, ils touchent déjà le coup de pouce CEE à l’achat : jusqu’à 5 700 euros pour les ménages les plus modestes, auxquels s’ajoutent 1 200 à 2 000 euros si la batterie est fabriquée en Europe, soit jusqu’à 7 700 euros selon les montants indicatifs du ministère de l’Économie.
La deuxième condition concerne le matériel : une prise renforcée ou une borne classique ne suffira pas. Le gouvernement exige une borne pilotable, capable de recevoir un signal du compteur Linky, du fournisseur ou d’une application pour lancer automatiquement la charge pendant les heures creuses, quand l’électricité coûte le moins.
Ces bornes pilotables coûtent plus cher qu’un modèle basique, et ce surcoût grignote une partie de l’aide. En contrepartie, le gouvernement estime dans son dossier de presse qu’un conducteur type verra son budget annuel de recharge passer de 420 à 270 euros, soit environ 150 euros d’économie par an, sans préciser son kilométrage ni son contrat d’électricité. L’économie grimperait jusqu’à 300 euros par an avec la technologie bidirectionnelle (V2G), encore réservée à quelques modèles et contrats.
Ces économies supposent toutefois un contrat d’électricité dont le prix change selon l’heure, avec des heures creuses par exemple. Avec un tarif identique toute la journée, la borne n’a aucun créneau moins cher à viser. Une borne capable de piloter la recharge ne le fait pas non plus toujours d’office : il faut souvent activer la fonction.