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Du pneu à la recharge : l’étonnant virage de Michelin avec 1,2 million de bornes
On ne l’attendait que sur la route, le voilà branché sur secteur. Pour ceux qui en ont assez de multiplier les badges et les applications pour recharger leur voiture électrique, Michelin a présenté le 8 octobre une solution qui, pour une fois, ne concerne pas vos pneumatiques.
Symbole historique de la gomme et du contact sol-véhicule, le groupe français s’invite dans la recharge avec Michelin EV Charge, lancée par sa filiale Michelin Connected Fleet avec le spécialiste néerlandais Deftpower. L’offre réunit une carte, une application et des outils de gestion, et vise les flottes d’entreprise et leurs conducteurs, avec l’objectif de réduire leur facture de recharge.
Michelin justifie ce lancement par le baromètre 2026 de l’Observatoire de la mobilité d’Arval : 57 % des flottes d’entreprise comptent déjà des véhicules électriques, et 19 % de plus prévoient de passer à l’électrique dans les trois ans. Plus la part de voitures électriques grimpe dans un parc, plus la recharge sur bornes publiques, avec ses réseaux, ses tarifs et ses badges différents, pèse dans le travail des gestionnaires.
Le principal argument tient à la taille du réseau. Les utilisateurs accèdent à un très gros réseau de bornes, soit plus de 1,2 million de points de recharge en Europe au moyen d’une seule carte, couplée à une application dédiée. L’application permet aussi de localiser les bornes – et surtout de savoir si elles sont disponibles –, de choisir la solution de recharge adaptée à son usage, puis de préparer ses itinéraires grâce à un planificateur.
Côté tarifs, Michelin promet dans son communiqué de presse une tarification transparente, sans majoration par rapport aux prix affichés par les réseaux, et des tarifs négociés sur certains d’entre eux.
Rappelons que de nombreux acteurs sont déjà présents sur ce créneau, comme les cartes et les outils de géolocalisation de Chargemap, Ionity ou encore Electra.
TotalEnergies est lui aussi un concurrent redoutable déjà bien installé auprès des entreprises. L’énergéticien et sa carte Fleet sont compatibles avec près d’un million de points de charge en Europe et la quasi-totalité (99 %) des bornes publiques en France. La carte Fleet ouvre aussi droit à des remises : 15 % sur les bornes haute puissance des stations TotalEnergies avec l’option Charge+ Business, 10 % chez Allego et jusqu’à 27 % chez Powerdot. Michelin, qui n’a pas publié ses propres tarifs, devra au minimum suivre.
Michelin n’a pas encore publié le prix de son offre, ce qui empêche pour l’instant toute comparaison chiffrée. À titre de repère, Octopus Energy facture son offre Octopus Fleet 5,50 euros HT par mois et par conducteur, sans marge sur l’énergie, pour un accès revendiqué à 97 % des bornes publiques françaises.
Qu’est ce qui distingue l’offre de Michelin ? L’exploitation des données des véhicules, que le groupe collecte déjà pour les entreprises clientes de sa filiale Michelin Connected Fleet.
Michelin intègre EV Charge à MyConnectedFleet, la plateforme de télématique de sa filiale Michelin Connected Fleet. Les dépenses de recharge y sont croisées automatiquement avec les données des véhicules, et le tout s’affiche dans un tableau de bord unique. Le gestionnaire de flotte y suit les trajets, la consommation d’énergie, l’état de charge des batteries et les habitudes de recharge de ses conducteurs.