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Actualité : L'Espagne développe un chien-robot pour surveiller les vignes et améliorer les rendements
En Espagne, le Centre technologique agroalimentaire d'Estrémadure (CTAEX) teste un robot à quatre pattes bardé de capteurs dans un vignoble de la Ribera del Duero et sous des tunnels de mûres. Il mesure la vigueur des plantes et la maturité des fruits afin d'aider les producteurs à planifier la récolte.
© Centre technologique agroalimentaire d'Estrémadure (CTAEX) - Un robot quadrupède compile des données sur les cultures (vigne, arbres fruitiers)
Chez Bodegas Familiares Matarromera, près de Valladolid, les rangs de vigne épousent des coteaux aux sols caillouteux et irréguliers. Un drôle d'arpenteur y fait ses premiers pas, des caméras sur le dos. Le 14 octobre 2026, il trottait également devant la presse sur la parcelle expérimentale du CTAEX, à Villafranco del Guadiana.
Le projet a été baptisé AGRHOUND, contraction d'agriculture et de hound, le chien de chasse en anglais. Lancé en juin, il réunit le CTAEX, Matarromera, le producteur de fruits rouges Social Berries 4.0, le spécialiste de l'imagerie spectrale SpectralGeo et la société informatique Soltel, avec l'appui de la fondation Prodti. L'Union européenne (via le fonds agricole FEADER) et le ministère espagnol de l'Agriculture assurent son financement. Le modèle exact du robot, lui, n'a pas été dévoilé.
Luis Muñoz, responsable du projet au CTAEX, parle de “mettre des pattes à l'agriculture de précision”. Un quadrupède grimpe les pentes et franchit aisément les sillons irréguliers. Dans la végétation dense, il passe là où un engin à roues peine. Sous les tunnels en plastique de Huelva, le signal GPS passe mal : le robot se repère donc en croisant un LiDAR et des caméras 3D, générant une cartographie en temps réel.
Ses capteurs multispectraux et hyperspectraux analysent la lumière renvoyée par les feuilles et les grappes sur bien plus de bandes que les trois couleurs d'une caméra classique. Des modèles d'intelligence artificielle en déduisent la vigueur et l'état hydrique des ceps, ainsi que la teneur des baies en sucres ou en anthocyanes. Grâce à cette estimation de la récolte en amont, le producteur peut organiser la main-d'œuvre et les vendanges, tout en préparant la commercialisation.
Les résultats s'affichent sous forme de cartes au sein d'une application intuitive destinée aux viticulteurs et techniciens. Celles-ci doivent aussi faire apparaître, pour une même parcelle, les zones qui mûrissent le plus vite. Le cépage “tempranillo” part avec une longueur d'avance : selon Luis Muñoz, un algorithme déjà très abouti existait pour cette variété. Pour la mûre, il a fallu presque tout reprendre de zéro.
Cette première année sert avant tout à collecter des données et à calibrer les algorithmes. Les campagnes de 2027 et 2028 devront ensuite les enrichir en conditions réelles, avant la conclusion du projet prévue début 2029. Viendront par la suite les cartes spectrales instantanées et un robot capable de choisir seul son trajet. L'ajout d'un bras articulé pour prélever des échantillons est également au programme.
“Notre objectif n'est pas de remplacer les professionnels”, insiste Luis Muñoz, qui souhaite avant tout couvrir davantage de parcelles en un minimum de temps. Reste encore à régler des défis très terre à terre : l'autonomie des batteries, la maintenance directement dans les champs, la couverture réseau en zone rurale… et la boue.
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