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Accident d’un Mirage 2000D de l’armée de l’Air, un corps retrouvé et un aviateur toujours recherché
Un Mirage 2000D de l’armée de l’Air et de l’Espace a été victime d’un accident mardi soir en Meurthe-et-Moselle. Un corps a été retrouvé, tandis que les recherches se poursuivent pour localiser le second membre d’équipage.
Il était environ 22h40, mardi 20 octobre, quand un Mirage 2000D de l'armée de l'Air et de l'Espace a été accidenté dans le secteur de Rogéville, en Meurthe-et-Moselle. L'appareil de l'escadron de chasse 2/3 « Champagne », basé à Nancy-Ochey, rentrait de mission avec deux aviateurs à son bord. Mercredi matin, le ministère des Armées a dressé un premier bilan, encore incomplet, et précisé que des enquêtes étaient en cours.
Pour mener ses frappes au sol, de jour comme de nuit, le Mirage 2000D mise sur un duo assis l’un derrière l’autre. À l’avant, le pilote de chasse tient les commandes. À l’arrière, le navigateur officier systèmes d’armes, ou NOSA, joue le rôle de copilote tactique, en ce qu'il trace la route, surveille les capteurs, comme la nacelle qui pointe un laser sur la cible, et guide les bombes jusqu’à leur objectif. Hier soir, c’est ce tandem qui rentrait de mission.
Selon le ministère, un corps a été retrouvé et attend d’être formellement identifié, tandis que le second membre d’équipage est toujours recherché. Aucune identité n’a été rendue publique.
Deux enquêtes sont menées en parallèle, avec des buts différents. L'enquête de sécurité, qui relève du Bureau enquêtes accidents pour la sécurité de l'aéronautique d'État (BEA-É), cherche à comprendre pour prévenir, sans désigner de coupable. L'enquête judiciaire, elle, établira d'éventuelles responsabilités. Le ministère n'avance aucune piste, et il faudra sans doute des mois avant d'y voir clair.
Dérivé du Mirage 2000N, qui portait l'arme nucléaire, le Mirage 2000D est en service depuis 1993 et s'est fait une spécialité des frappes au sol, en journée ou en pleine nuit. On rappelle qu'à la mi-juin, la Direction générale de l'armement (DGA) livrait le cinquantième et dernier exemplaire rénové à mi-vie, au terme d'un chantier lancé en 2015.
Jusqu’ici dépourvu de canon intégré, l’avion a reçu un canon de 30 mm logé dans une nacelle sous le fuselage, pour tirer sur des cibles au sol et épauler directement les troupes au combat. Pour se défendre face à un chasseur ennemi, il troque ses vieux missiles Magic II contre des Mica IR, qui se guident sur la chaleur dégagée par l’appareil adverse. Son électronique a enfin gagné un module qui traite davantage de données et les fait mieux circuler entre les équipements de bord, de quoi lui permettre de voler au-delà de 2030 aux côtés du Rafale.
Ce n'est en tout cas pas le premier drame pour les Mirage de l'armée de l'Air. Le 9 janvier 2019, un 2000D de Nancy-Ochey s'était écrasé dans le Jura en plein vol à très basse altitude, causant la perte de ses deux membres d'équipage. Le BEA-É avait ensuite pointé des erreurs humaines liées à un manque d'entraînement. En août 2024, deux Mirage 2000 entraient en collision près de Colombey-les-Belles, faisant deux morts. Mercredi, les recherches, elles, se poursuivent toujours pour retrouver le second aviateur.