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La France commande 4 nouveaux SAMP/T NG, seul bouclier européen contre les menaces hypersoniques
La Direction générale de l'armement indique mercredi avoir commandé quatre sections supplémentaires du système de défense sol-air SAMP/T NG pour l’armée de l’Air et de l’Espace, un bouclier XXL.
On vient d'apprendre, ce mercredi 21 octobre 2026, que la Direction générale de l'armement (DGA) a remis une pièce dans la machine de la défense antiaérienne du pays et de l'Europe. Quatre sections supplémentaires de SAMP/T NG, le système de défense sol-air de nouvelle génération, viennent en effet d'être commandées pour l'armée de l'Air et de l'Espace. Le compteur grimpe ainsi à douze, dont dix exemplaires qui doivent être livrées avant la fin de l'année 2030. Un premier système a déjà été livré au début de l'année.
Pour comprendre le SAMP/T NG, il faut d’abord présenter son aîné, le SAMP/T, pour « Système sol-air moyenne et longue portée/terrestre ». On parle ici d'un bouclier franco-italien installé au sol, chargé d’abattre à distance ce qui menace le ciel. Il est surnommé « Mamba » et est déjà en service dans l’armée de l’Air et de l’Espace, contre les avions, mais aussi les drones et les missiles, y compris balistiques, capables de retomber sur leur cible après une longue trajectoire en cloche.
Seulement voilà, il ne vous a pas échappé que les menaces se sont multipliées ces dernières années, qu'elles ont changé de visage. Elles vont plus vite, changent plus facilement de direction et se font plus discrètes pour échapper aux radars. D’où le lancement en 2021 de cette version dite NG, pour « nouvelle génération ».
Le Mamba change de peau, mais aussi de cerveau. Le SAMP/T NG reçoit une conduite de tir de nouvelle génération, c’est-à-dire l’ensemble qui repère la menace, la suit et déclenche le tir. Ses yeux s’appellent GF300, le radar dernier cri de Thales, conçu pour tirer le meilleur du futur missile intercepteur Aster B1NT. Imaginez qu'une fois ce duo réuni, le SAMP/T NG deviendra le seul système sol-air européen capable d’arrêter des menaces balistiques et hypersoniques, les fameux engins qui filent au-delà de Mach 5, soit plus de cinq fois la vitesse du son.
En coulisses, la France ne passe pas commande en direct. Elle s'appuie sur l'OCCAr, l'Organisation conjointe de coopération en matière d'armement, un organisme européen qui pilote les programmes d'armement menés à plusieurs pays, comme ici avec l'Italie. Le contrat revient ensuite à Eurosam, une structure commune à deux géants de la défense, MBDA et Thales, chargée de fabriquer le système.
Le SAMP/T NG ne veillera pas seulement sur le ciel français. Le système, né de la coopération entre Paris et Rome, a déjà fait l'objet de commandes à l'étranger. Le Danemark et l'Ukraine l'ont retenu pour leur défense, et d'autres pays ont manifesté leur intérêt. Pour la France, il s'agit d'une réussite commerciale, mais au-delà de ça, enforcer ce bouclier antiaérien, c'est aussi garantir sa souveraineté, autrement dit être capable de protéger son espace aérien par ses propres moyens.