// FRANCEINFO FAITS DIVERS — CRONACA
Tentative d'arrestation démentie, convocation avortée… Pourquoi des policiers attendaient-ils le député LFI Raphaël Arnault à son arrivée à Paris ?
Le groupe La France insoumise à l'Assemblée nationale a accusé la police d'avoir tenté d'interpeller l'élu du Vaucluse à la descente d'un train à la gare de Lyon. Les agents cherchaient en fait à lui remettre une convocation en vue d'une audition.
Pour sauvegarder cet article, connectez-vous ou créez un compte franceinfo
Un imbroglio politico-judiciaire. Le groupe La France insoumise à l'Assemblée nationale a affirmé, mardi 20 octobre, que Raphaël Arnault, député LFI du Vaucluse, "aurait été la cible d'une tentative d'interpellation policière" à l'arrivée de son train à la gare de Lyon, à Paris. Alors que de nombreux élus ont dénoncé une "dérive autoritaire", le parquet de Lyon a formellement démenti avoir demandé l'arrestation de l'élu. Son avocate dénonce auprès de franceinfo "une grave violation du secret de l'instruction" et assure que son client ne s'est aucunement soustrait aux autorités. Franceinfo résume ce que l'on sait de cette affaire.
Dans un communiqué publié mardi sur son compte X, le groupe LFI à l'Assemblée nationale affirme avoir appris le matin même que Raphaël Arnault, "en route depuis sa circonscription vers l'Assemblée nationale (…), aurait été la cible d'une tentative d'interpellation policière planifiée sur les quais de la gare de Lyon [à Paris], à la descente de son train".
Toujours au conditionnel, le groupe raconte que la tentative "n'aurait échoué qu'en raison d'une erreur de la police quant à la rame dans laquelle voyageait le député insoumis, totalement ignorant de ce projet". Le groupe accuse "le pouvoir" d'avoir voulu mener "un nouveau projet de mise en scène grossière d'arrestation par surprise d'un parlementaire insoumis", et affirme que l'eurodéputée Rima Hassan a été "visée par une même tentative il y a quelques semaines dans un aéroport".
🔴📄 Tentative de mise en scène d'une arrestation du député Raphaël Arnault : la bascule autoritaire du pouvoir
Nous assurons @ArnaultRaphael de notre plein soutien. https://t.co/UXKoHhQz8f
Raphaël Arnault "n'a rien à cacher et se tient comme toujours à disposition de la justice", écrivent les auteurs du communiqué, qui dénoncent un "coup monté". Ils accusent également le gouvernement d'une "tentative d'instrumentalisation (…) des services de renseignement pour atteindre" LFI, en faisant référence à des informations publiées par Mediapart lundi.
De nombreux élus de La France insoumise ont partagé cette publication sur X. "Le macronisme est tellement aux abois qu'il se vautre dans l'autoritarisme et la criminalisation des opposants politiques", a attaqué le coordinateur national du parti, Manuel Bompard. "Incapable de répondre aux revendications populaires et d'assurer la paix publique, la macronie choisit de criminaliser l'opposition pour assurer sa survie politique", critique de son côté la présidente du groupe LFI à l'Assemblée, Mathilde Panot. Elle accompagne son message d'un visuel affirmant que "la macronie veut arrêter ses opposants".
Le député LFI de Seine-Saint-Denis Thomas Portes a lui dénoncé une "dérive fascisante", tout comme la député de Paris Danièle Obono qui pointe une "dérive autoritaire en instrumentalisant la police et la justice pour persécuter son opposition politique insoumise".
Au lendemain de ces accusations, l'institution judicaire a démenti. "Le parquet de Lyon dément l'information diffusée le 20 octobre 2026 portant sur une tentative d'interpellation du député Raphaël Arnault", écrit le procureur Thierry Dran dans un communiqué, mercredi. "Ni le parquet ni les juges d'instruction du tribunal judiciaire de Lyon n'ont donné pour instruction aux forces de sécurité intérieure de procéder à l'interpellation de ce député dans le cadre des procédures dont ces magistrats sont actuellement saisis", précise-t-il.